Une après-midi avec les enfants de la Fundación de los niños de los Andes pour célébrer la journée de l’enfant

En Colombie on aime bien célébrer quantité d’évènements plus ou moins importants. Du coup il y a pratiquement tous les jours « une fête de quelque chose ». Ainsi depuis notre arrivée en Colombie nous avons eu l’opportunité de célébrer la fête de la terre, de l’amitié, de l’eau, des animaux, des parents, des femmes, des hommes…

Mais ce vendredi 26 avril c’était la fête de l’enfant et si la terre, les hirondelles qui volent bas et l’eau qui coule à flot ici ne nous font pas d’effet particulier, les enfants, eux, ont un effet particulier sur nous. Surtout quand ils n’ont pas autant de chance que nous il y a dix ans. L’équipe de Grameen Caldas étant partenaire de la Fondation des enfants des Andes, nous avons tous (de la secrétaire à la présidente en passant par les volontaires ; ce qui souligne soit dit en passant à quel point les employés de Grameen sont en adéquation avec l’idée de solidarité que l’entreprise défend) passé notre après-midi dans ce centre pour nous occuper des quelques 150 jeunes filles et garçons âgés de 9 à 19 ans afin de les sortir légèrement de leur quotidien.

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On nous avait prévenus que le lieu était particulier et qu’il recueillait des enfants au passé plus ou moins mouvementé: si certains enfants ont été amenés par leurs parents ne pouvant plus les assumer financièrement, la plupart, orphelins, ont été recueillis par le gouvernement alors qu’ils faisaient partis de réseaux de prostitution, de drogues, de gangs et/ou qu’ils avaient subis de graves violences, d’abus sexuels et de maltraitance.

Nous avions par conséquent plusieurs consignes à respecter : ne pas parler d’argent ou de valeur, ne rien leur donner mis à part quelques bonbons, ne pas soumettre  un esprit de compétition et surtout ne pas les prendre en photos de près pour pas que les photos une fois diffusées sur Internet ne permettent aux anciens proxénètes ou personnes malveillantes de les retrouver…

Après ce briefing strict et édifiant, nous nous apprêtions à passer une journée en enfer où nous aurions plutôt joué aux  « gendarmes attrapent les voleurs » qu’aux « chats attrapent les souris » !

La réalité allait être toute autre.

Chacun responsable d’un groupe d’une quinzaine d’enfants/adolescents avec deux ou trois autres volontaires, nous avons organisé des activités en tout genre pour leur plus grand plaisir. Mais aussi pour le nôtre ! Aimery faisait rire des enfants âgés de 12 à 14 ans pendant que Louis et Manon jouaient aux grands frère/sœur d’ados de 15 à 18 ans. Subjugués par nos yeux bleus, nos cheveux clairs et la barbe rousse d’Aimery, les enfants furent immédiatement curieux d’en savoir plus sur l’origine de nos corps d’apparence si différents, si clairs… En manque d’attention physique ou même de sourire, ils nous ont tenu la main, embrassé,  câliné, dragué tout  en s’aventurant parfois à des questions comme « pourquoi t’es si blanc ? Tes parents ont un problème ? », « Et et et…t’as une copine ? », «Vous avez des enfants ? »…

Nous nous attendions à des enfants difficiles et intenables, marqués par l’horreur et difficiles à regarder en face sans tomber dans la pitié. Il n’en fut rien. Ils étaient sages et attachants, bien élevés et drôles, ambitieux et fiers.

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Après avoir fait connaissance, serré des mains et expliqué que notre peau n’était pas celle de sidatique en phase terminale mais de Français, classiques, sans grande originalité, nous leur avons appris quelques mots de français. Certains eurent plus de difficultés que d’autres mais globalement ils ont retenu « Bonjour, au revoir, je m’appelle, t’es moche…» ! Comme pour nous rappeler leur réalité, d’autres se firent plus curieux pour ne pas dire autre chose et nous demandèrent de traduire des mots tels que « narcotrafiquants, jugulaire, marijuana, meurtre ». Belle claque sur nos joues blanches. Elle n’est pas donnée avec la paume de la main mais en prenant un peu de recul pour l’éviter, sa violence nous rattrape vite et alors on veut s’échapper.

Alors on enchaîna avec la session « jeux plus ou moins sportifs » et à son habitude Louis tâta la balle avec les enfants. Nous finîmes par un goûter « pain mauvais/aguapanella » et prîmes plusieurs photos de groupes qui nous permettront de nous rappeler cette journée et ces visages si spéciaux.

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Les au-revoir furent longs, émouvants et parfois difficiles pour certains enfants mais nous finîmes par retrouver notre réalité : ce monde distant de deux kilomètres seulement de ces dizaines d’enfants et pourtant si différent…

Voici la touchante lettre de remerciement du directeur de la fondation que nous venons de recevoir aujourd’hui…

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Pour plus d’infos sur la Fondation des enfants des Andes: http://ninandesmanizales.org/

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