La Base sur la Paz

Vivre à La Paz c’est forcément différent que de vivre à Lille, New-York, Shanghai, Douala ou même Manizales. C’est pourquoi nous nous sentions obligés de vous décrire notre quotidien dans cette ville où nous avons posé nos valises (ou plutôt notre sac de backpacker) depuis maintenant plus de 2 semaines et pour les deux prochains mois.

Pour votre culture et afin que vous puissiez comprendre notre style de vie et nos habitudes (et aussi pour vous faire rire), commençons par une brève description de La Paz (La Paix en français), capitale de la Bolivie et également  capitale la plus haute au monde, la ville s’étalant de 3200 à 4000m d’altitude. Autant vous dire qu’au bout de 5min de marche nous sommes tous aussi essoufflés qu’après une partie de foot…mais heureusement les taxis coûtent 1€ la course.

Entourée d’une centaine de pics enneigés de plus de 5000 m, la ville, autrefois au fort caractère hispanique, a fait place à un chaos urbain : sans transports en commun la ville est tous les jours bloquée par les incessants bouchons, les camions et leurs nuages de fumée noire agrandissant le trou de la couche d’ozone inlassablement, en toute quiétude, au jour le jour ; sans plan d’urbanisation, les bâtiments se succèdent et ne se ressemblent (absolument) pas ; enfin, élément assez particulier à soulever, la ville a des airs d’immense toile d’araignée où les fils électriques innombrables et vulgairement superposés remplacent le substrat arachnéen  !

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Comme toutes les grandes villes d’Amérique du Sud, la ville est très étendue et parait immense… alors que l’agglomération ne comprend finalement que 2 millions d’habitants…mais chose étonnante : La Paz est la seule ville où les pauvres vivent en hauteur et les riches en bas. Avec l’altitude, plus il y a d’oxygène, mieux on est donc moins on est haut, plus c’est cher !

La ville est séparée en 7 zones urbaines qui, comme les arrondissements de Paris, répartissent la population en différentes catégories sociales…alors forcément se balader dans la zona Sur ou la zona de Sopocachi (où nous vivons, équivalent du 6 ou 7 ème arrondissement à Paris) est forcément très différent de la zone  El Alto au Nord (aucun équivalent en France). Dans cette dernière, les rues sont en terre, les poubelles sont étendues à tout bout de champ, un nombre hallucinant de chiens errent et se battent continuellement, les tiendas se succèdent, les différents odeurs particulières avec, enfin c’est ici que l’on croise les femmes habillées en tenue traditionnelle bolivienne !

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A l’inverse, dans les quartiers Sud, les rues sont pavées et larges, les passants défilent en costume, les 4×4,  restaurants, clubs de gym et centres commerciaux à l’américaine se succèdent, mais restent loin de rivaliser avec les zones commerciales européennes.

Nous vivons la plupart du temps dans 3 zones : nous logeons en face de l’ambassade ultra sécurisée des Etats-Unis à Sopocachi, le quartier d’expat’ décrit ci-dessus, nous passons nos journées dans El Prado, le quartier historique le plus vivant de la ville et nous travaillons à San Pedro, quartier plus pauvre où sont présents tous les marchés artisanaux boliviens qui valent le détour pour tous les amateurs de pulls extravagants en « baby alpaca » (« du vrai, du pur »!) !

La Rue Sagarnaga, lieu d’exposition de la richesse artisanale bolivienne

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Fête locale et défilé dans la Rue Sagarnaga

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Exemple d’une tienda de la Rue Sagarnaga DSCN3179

Exemple d’une tienda du « Mercado de las brujas » (marché des sorcières): ici herbes, pierres magiques, potions mystérieuses et foetus de lamas sont vendus pour soigner les maux les plus divers.

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Centre ville de La Paz

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Rues du centre historique colonial

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Ce qui est sûr c’est que dans n’importe quel quartier de la ville nous pouvons assister à des scènes identiques : un nombre hallucinant de couples se bécotent à chaque coin de rue, l’explication venant du fait qu’en plus d’être démonstratifs, les jeunes vivent chez leurs parents jusqu’à la date de leur mariage et qu’ils n’ont nulle part où aller pour s’embrasser, il y a des cireurs de chaussures cagoulés un peu partout, des kiosques et tiendas vendant tout et n’importe quoi, des conducteurs de colectivos (sorte de minibus) qui gueulent leur destination la tête hors de la fenêtre ou encore et toujours ces fils électriques qui relient les bâtiments.

La Bolivie étant le pays le plus pauvre d’Amérique Latine, le coût de la vie est comme vous pouvez le deviner à mille lieues de celui de la France…en voici un petit aperçu (rmq : 10 Bolivianos=1€):

– Course en Taxi = 1€

– Course en Colectivos (sorte de minibus) = 15 cts

– 1 nuit en auberge de jeunesse = 4€ par personne

– Resto normal = 3€-5€ le menu

– Resto très classe = 20€ avec vin, et big menu

– 1 menu King Double Whopper au Burger King (La Bolivie étant le seul pays au monde où il n’y a pas de McDo) = 4,2€

– 1 bouteille de bière de 33cl dans un bar/resto = 80 cts

– 1 bouteille de Havana 3 ans d’âge d’1 litre en supermarché = 7€

– 1 bouteille d’eau de 2,5l (l’eau n’étant pas potable) = 5cts

– 1h en cybercafé (les Boliviens n’ayant pas Internet chez eux) = 25cts

– 1kg de vêtements à laver et sécher au pressing = 1€ (4 cts pour faire repasser une chemise)

– 1 place de ciné = 3-4€

– 1 voyage en bus de 13h avec lit = 8€

– 1 carte de membre au Tennis Club de Sucre (le Roland Garros de La Paz) = 35€

Avec tout ça vous comprendrez que nous ne vivons pas exactement de la même manière qu’en France ou même qu’à Manizales… forcément  nos habitudes changent : nous jouons au tennis 2 à 3 fois par semaines (juste avant le travail entre 7 et 8h, si si !), allons au resto assez souvent et évitons les plats boliviens qui nous ont trop souvent laissés de mauvaises surprises, buvons des matés de Coca (la feuille, pas la drogue) à longueur de journée afin de lutter contre le mal d’altitude, nous nous faisons cirer les chaussures pour 50 cts par des cireurs dans la rue, prenons le taxi presque systématiquement, flânons dans les quartiers historiques et populaires de la ville et profitons de notre appart et de notre TV câblée où nous pouvons regarder Roland Garros (le luxe !)…

La vue depuis notre charmant appart’

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Après expérience, nous avons compris les habitudes de la vie locale : compter le nombre d’articles que l’on laisse à la laverie pour ne pas se retrouver à la fin avec la moitié de ce qu’on avait laissé à la base, demander et négocier le prix de la course de taxi avant d’y monter, ne pas manger de trucha  (=truite), ne pas compter sur la spontanéité des Boliviens, répéter à 3 reprises la commande au resto, ne pas compter sur les commerçants pour avoir du change, ne pas demander sa direction aux habitants de la ville (ceux-ci ne connaissant absolument pas le nom des rues, ni leur gauche, ni leur droite), ne pas croire que tous les vêtements en vente sont en laine d’ alpaga, ne pas compter sur la Boulangerie pour être ouverte le matin avant 9h, ne pas goûter el vino de la casa dans les restos, ne pas compter sur l’eau chaude dans les auberges, ne pas oublier son sac de couchage dans les bus de nuit, etc.

Voici à présent les bases de la Paz posées !

Aimery

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One response to “La Base sur la Paz”

  1. Lolo Loizo says :

    « el vino de la casa »
    haha
    super vos aticles on rigole bien! concurrence avec Lortie à Shanghai!
    bisous à vous 3!!

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