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Le Salar d’Uyuni

Après notre nuit glaciale dans le bus retour de Potosi, nous avons opté cette fois-ci pour une compagnie dite de « Gringos », qui en temps normal nous aurait permis de profiter d’un bus doté d’un chauffage qui fonctionne. Oui, nous voulions à peu près correctement dormir cette nuit-là histoire de profiter ensuite de ces trois jours que tout le monde nous promettait comme grandioses. Perdu ! En arrivant au terminal, on nous annonce avec le sourire que le bus prévu pour ce soir n’est pas en état et qu’il faudra « simplement faire la première partie du voyage dans un vieux bus avant de changer de bus au beau milieu de la nuit. » En bons français et en bonne « pinças » nous avons donc râlé comme il se doit, et  c’est à voix basse que l’on nous a demandé de rester au guichet pour qu’on nous accorde un petit « descuento», quand tous les autres passagers sont  invités à monter à bord… Finalement, et malgré la satisfaction de ce « descuento », on aura eu la mauvaise impression de passer une nuit dans une machine à laver tellement le bus tremblait sur la route de pierres.

Nous sommes arrivés au petit matin à Uyuni et avons rejoint nos deux compagnons de voyage Sunita et Meïly, qui nous attendaient afin de pouvoir partir ensemble découvrir le « Machu Picchu de la Bolivie ». Uyuni, c’est une ville désertique, dépourvue d’habitants et d’âmes. On se croirait au beau milieu d’un décor d’un vieux Western, le froid en plus, les revolvers en moins. C’est pourtant le point de départ d’un voyage aux panoramas de rêves, parmi les plus beaux d’Amérique du Sud : le Salar d’Uyuni et le désert du Sud-Lípez, à quelques kilomètres seulement du Chili.

C’est à bord d’un 4×4 sept places âgé d’une bonne vingtaine d’années que nous allons passer les trois prochaines journées. Après un court arrêt dans le cimetière de train qui borde le Salar, nous rentrons enfin sur cette immense étendue de blanc au sol, de bleu au ciel, et d’étoiles dans les yeux. Le plus grand désert de sel de la planète est encore plus impressionnant en vrai que sur les photos. Imaginez une plaque de sel de 12 000 km2  allant parfois jusqu’à 12 mètres de profondeur, le tout à 3650m d’altitude.  D’où vient tout ce sel ? Figurez-vous que la cordillère des Andes est la plus jeune des chaînes de montagnes existantes, et qu’avant sa formation se trouvait à cet endroit un lac préhistorique géant. Ceci explique cela. L’expression « A perte de vue » trouve ici tout son sens. Du blanc et du bleu, sur des kilomètres et des kilomètres. On croirait marcher sur la neige d’une banquise infinie. Comme des chaussures de ski sur la neige, le sel craque sous nos tennis. Un paysage grandiose d’où se détache, au loin, pour marquer l’horizon, les sommets couleur ocre des volcans.

Le cimetière de trains d’Uyuni

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Le désert de sel d’Uyuni

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Après 3 heures de route (pas vraiment le terme approprié ici !) sur le sel, nous faisons escale sur Inca Huasi, une île volcanique habitée uniquement par des cactus. Perdue au milieu de cet océan de sel, cette île aux cactus est sans doute le plus beau point de vue au milieu de ce désert et c’est pour nous l’occasion de réaliser notre énième panorama.

 Vue sur le Salar depuis l’île aux cactus

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Notre 19e et ultime séance photo a eu lieu lors du coucher de soleil, grâce à un timing judicieusement choisi par notre cher guide « Luis ».

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Nous prenons la route pour rejoindre un hôtel de sel (comprenez plutôt refuge)  lequel nous abritera pour la nuit. A 4500 mètre d’altitude, à l’intérieur d’un refuge  sommaire au bord d’un désert en Bolivie, il fait généralement froid, voire très froid alors on dort emmitouflé dans nos quatre couches polaires en attendant le réveil par le froid, celui qui pointe son nez pour se poser sur le vôtre, le geler et donc vous réveiller ! Le lendemain, nous quittons déjà le Salar pour aller sillonner les routes de la région du Sud-Lípez.

La nuit dans « l’hôtel » de sel

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Le levé du soleil depuis « l’hôtel » de selIMG_2034

Le deuxième jour, changement de décor. Nous avons l’impression d’être sur les pistes du Dakar mais avec l’avantage de pouvoir admirer des paysages lunaires et désertiques. La voiture file au milieu de nulle part, les têtes scotchées aux fenêtres, nous contemplons l’esthétique de l’absence de vie, bercés par les mélodies du dernier album de notre cher duo masqué. Quelques arrêts pour nous ravitailler dans les « tiendas », qui ne courent plus les routes, nous sortent de nos songes et nous permettent de répéter le rituel « una pequeña parada de 15 minutos » – 5 min pour s’habiller contre le froid – quelques photos toutes plus exceptionnelles les unes que les autres – retour précipité vers la voiture – « qu’est-ce qu’il fait FROID ! ». Nul nuage dans le ciel, un vent glacial, le discret vacarme de la nature : nous ne sommes pas loin d’un hiver sur la côte bretonne. Voilà le décor dans lequel nous apprécions les paysages volcaniques, les arbres de pierre, les lagunes et leurs flamands roses qui décollent péniblement à notre approche, un effort de plus de la nature pour sublimer nos photos… Mais ça, c’était avant le drame ! Un peu plus tard dans l’après-midi, nous empruntons un chemin que les autres convois de touristes ne semblent pas emprunter. Il faut dire que soudainement l’inclinaison de la piste prend des airs de mauvaises pistes noires. La piste est sommaire. Nous passons un col entre deux sommets enneigés. Nous sommes en Juin. Il y a maintenant plus de poudreuse qu’un 5 janvier dans les hauteurs alpines. Sensation bizarre, paysage sublime : la routine depuis 36 heures ! Nous avançons lentement mais sûrement jusqu’au moment où « Luis » est obligé de monter sur le bas-côté pour contourner la trop grosse épaisseur de neige. Notre guide ne maîtrisait apparemment pas si bien ce genre de situation : après quelques mètres d’avancée plus qu’inclinée, l’arrière de notre quatre roues motrices se déporte et se bloque dans un bon mètre de neige. Marche avant puis marche arrière, rien à faire, on est bloqué. « Bon, je crois qu’on va être obligé de pousser ! » Les premières tentatives sont de beaux échecs : on pousse à l’avant puis à l’arrière, puis à l’avant. « Merde j’ai les pieds trempés ! Qu’est-ce qu’il caille ! Personne n’a des gants en rabe ? ». Pas gêné, notre chauffeur esquisse un sourire en nous voyant pousser comme des demeurés. S’il a paniqué lui aussi, il l’a bien caché. On se voyait déjà y rester. C’est seulement après avoir déplacé une bonne partie des pierres du versant gauche de la montagne afin de « bétonner » la piste enneigée  que nous réussissons à pousser notre 4×4 hors de la neige.

Voici à quoi ressemblaient ces paysages lunaires

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Avant le terrible accident

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La vidéo du terrible accident

 

La suite des évènements

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A peine sortis d’affaire, nous croisons un autre véhicule avec un carreau cassé lui aussi bloqué dans la neige, ses passagers ont disparu. Pas hyper rassurant tout ça. Nous arrivons finalement sains et saufs au deuxième refuge, au bord de la fameuse Laguna Colorada. Nous retrouvons les autres touristes, arrivés 1h30 avant nous… Le soleil se couche, le froid arrive. Un malheureux poêle sert de chauffage pour une dizaine de chambres de 5 personnes. Les plus prévoyants remplissent leurs bouteilles d’eau chaude en guise de bouillotte. Nous goûtons à l’immonde vin rouge local et enchaînons les tisanes et autres grogs… « Ah, ça nous rappelle les nuits sous la tente lors des week-end scouts de janvier tout ça ! ».

Réveil à 6h pour aller observer le lever du soleil près des geysers à 25 « minutitos » de route. Température ambiante : -30°C. Le spectacle est encore une fois magnifique, même si le froid et l’odeur nauséabonde du souffre rendent les photographies difficiles et écourtent les explications. Il faut cependant être concentré, ou du moins pas trop endormi pour ne pas approcher de trop près les geysers dont la température avoisine les 200°C.

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Nous rentrons pour un petit-déjeuner bien mérité et partons en direction de la Laguna Colorada, ou Lagune rose si vous préférez. Imaginez un magnifique lac de montagne entouré de sommets enneigés dont l’eau n’est ni bleu ni verte, mais bien rose. Ces tons rouge-rose résultent de la lumière du soleil qui éclaire les algues spécifiques de cette lagune. Les flamands rose complètent le décor pour le moins merveilleux. C’est la dernière étape avant de quitter l’altiplano et de redescendre dans les grandes plaines type « Death Valley ». Beaucoup moins lunaire mais tout aussi désertique, le paysage nous donne désormais à voir quelques vigognes, beaucoup de lamas, un renard et  même un chat sauvage. « Un baby Puma ! » nous fait croire Luis. Sacré Luis…

L’ultime point fort des ces trois jours inoubliables fut la « Ciudad Perdida ». Une véritable cité fortifiée naturellement par des roches volcaniques. Ambiance surnaturelle, l’impression d’avoir été téléporté dans le Colorado, ultime occasion de mitrailler…

La laguna colorada et la Ciudad Perdida

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Il est maintenant l’heure de rentrer, de dire au revoir aux  lamas sauvages, d’abandonner l’espoir d’être attaqués par un puma, de se baigner dans les eaux thermales (fermées cette semaine pour excès de neige)… Les trois jours se clôturent sur un coucher de soleil encore une fois merveilleux. Nous sommes fatigués et sales, mais ces trois jours auront été probablement les jours les plus impressionnants et dépaysants de notre voyage… Enfin, ça, c’était avant l’ascension du Huayna Potosi …

Maxence

Deux semaines au Pérou…

Le 13 mai nous sommes partis de Manizales pour nous rendre à Lima. 1903km de distance soit Paris-Riga. Un jeu d’enfant ? Pas tout à fait. Une tentative avortée de justesse de toucher rectal, l’obligation d’acheter un billet retour  pour la France en dernière minute, 9 heures de retard, 2 heures de discussion avec Pierre-Albert dans un bistrot chic de l’aéroport flambant-neuf de Bogota, un tampon de bienvenue moche à l’aéroport de Lima et 1 heure de taxi à travers les rues hideuses de Lima. Voici une très brève description de ce qui séparait Manizales de Miraflores (quartier  des expatriés de Lima) ce lundi 13 mai 2013. Trop brève d’ailleurs si l’on considère que Pierre-Albert, 58 ans, manutentionnaire dans l’usine Lindt (« tu sais là, les chocolats qui gagnent du fric tous les ans alors qu’c’est la crise ! ») de Pau ne vous a pas été décrit à sa juste valeur et qu’il mérite sa parenthèse. Voir La parenthèse Pierre-Albert.

La parenthèse Pierre-Albert.

Il est 15h35. Nous sommes en transit dans  l’aéroport de Bogotá  Nous voyons enfin le bout de cette journée en enfer. On décide de déjeuner dans un restaurant au design sympa. C’est rare. On entre. « Vous êtes français ? ». – Oui. « V’nez là, j’vous paye un coup ». Pierre-Albert vient de faire son apparition dans nos vies. Il est passablement saoul, nous offre deux bières puis commence à parler.

« Alors zen avez bouffé combien des p’tites ici ? Ici, pour pas toucher, faut être un saint. Moi j’ai ma femme qu’est  d’Barranquilla. La France elle pouvait pas alors elle s’est installée là-bas avec nos filles. Elle a un restau mais quand j’vais là-bas j’suis le roi. On a des appart’s, la maison dans le barrio estrato 6, les filles à l’école privée. Non on vit bien hein. Mais alors quand j’viens c’quelles aiment c’est le fromage. Pas du luxe. Juste du kiri, du gruyère, vache kiri. Ah ça elles aiment. Franch’ment bouffent mal ces Colombiens. Et le vin ? J’le ramène par cubis de France. Une valise entière. 36 litres. Faut dire qu’sans mon litre par jour, j’vis plus moi…

Et tiens regarde la p’tite là… 

– ¿ Hola tienes una tia ? Porque estás demasiado joven para mi… Pero muy linda. ¿ Te gusta los franceses aquí hein ?  (Salut t’as pas une tante toi ? Parce que t’es trop jeune pour moi. Mais t’es belle. Et  ils te plaisent les français hein ?).

Et les gars elle est belle celle-là ! Vous voulez pas la croquer ? Putain ici ils ont un soucis. C’est les nobios (petits copains). Ma fille elle va pas s’marrier avec lui c’est sûr mais j’dois quand même l’accepter son p’tit. Non j’suis pas méchant mais samedi dernier, on est allé manger une glace ensemble. J’en avais pris une belle. J’me souviens d’rien. Juste que ma femme et ma fille avaient honte… »

Pierre-Albert portait une calvitie alliée à une queue de cheval et un marcel bleu détendu, un short Puma, des p’tites baskets Nike old-fashioned et un sac de toile déchiré. « C’qu’est bien ici c’est qu’tas jamais froid au moins » ! Il doit y aller, son avion va partir. « Et d’façon encore une p’tite (ndlr. Bouteille) dans l’avion et c’est bon j’me réveillerais à Paris…Les cons peuvent même pas mf’aire descendre à Bordeaux pour 1300 euros l’billet »…

Nous avons donc rejoint Maxence et Erika à Miraflores vers 23h. Erika est arrivée quelques heures plus tôt, sans retard, elle. Et Maxence y vivait des jours paisibles depuis une semaine en compagnie de deux amis en échange universitaire dans la capitale. Ces derniers lui ont permis de découvrir les petits coins de paradis que cache Lima. On pense notamment  à Amor A Mar, restaurant d’exception parmi tant d’autres à Lima, ou encore aux  petites rues typiques du quartier de Barranco.

Plazas de Armas, quartier historique de Lima

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Parce qu’autant vous le dire tout de suite, nous n’avons passé à Lima que les 36 heures que l’on nous avait conseillé de passer.  Mais nous avons réussi à les optimiser à l’aide de notre ami et guide Edouard.  Des quartiers immenses faits d’ordure et de pauvreté, un beau centre historique où après un très appréciable restaurant chez des bonnes sœurs françaises et une visite intéressante du couvent Saint-François, nous avons eu le plaisir de voir une femme baisser son semblant de pantalon pour honorer le trottoir sous le concert infernal des klaxons aux tonalités singulières des taxis. Nous avons ensuite découvert Miraflores,  quartier qui rassemble les occidentaux, les richesses, les cours de tennis, les restaurants, les policiers et le Malecón (parc verdoyant bordant l’océan où les étudiants étrangers, les expat’s et les Péruviens privilégiés font leur running&shopping en toute quiétude…).

Telle est la triste et inégale réalité de Lima, caractéristique malheureuse des grandes villes d’Amérique du Sud.

Vue du malecón, quartier de Miraflores, Lima

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Nous avons finalement fui le bruit et le malaise de  cette ville folle, dans un bus de nuit très confortable de la très agréable et professionnelle compagnie Soyuz. Trois heures de trajet seulement mais quel premier enseignement sur le Pérou ! Les quartiers pauvres de Lima ne sont malheureusement pas les seuls lieux du Pérou à être si pauvres et si sales. Tout au long du voyage se dessinaient dans la nuit les toitures non finies des maisons de villages déserts que seuls les chiens errants et les sacs plastiques volants semblaient habiter. Quelle tristesse ! Nous sommes alors arrivés à Ica, pas beaucoup mieux en terme d’architecture.  Du terminal de bus, nous avons pris un taxi direction la lagune de Huacachina. Oasis en plein désert à 25 minutes seulement en voiture d’Ica, cette petite ville à touristes abrite des restaurants, des hôtels et des boutiques-souvenirs. Il n’y avait donc pas grand-chose à faire à part des heures de repos au bord de la piscine de notre hostel en dégustant l’exquis mélange oublié vin rouge-camembert-saucisson importé de France par Maxence et Erika et deux heures hallucinantes de Buggy et de sandboard au milieu des dunes. Pour information, le désert fait tout de même 200km de long sur 40km de large.

Vue depuis le désert sur la Lagune de Huacachina

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Un tour de buggy musclé en pleine désert, même sensation que Space Mountain !

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D’Ica nous sommes ensuite partis de nuit pour Arequipa. Arequipa fut notre première belle ville. Une belle ville au Pérou remplit ces critères-ci : seul le centre est beau, la « Plaza de Armas » est superbe, les bâtiments et musées à voir sont des édifices religieux de l’époque coloniale, les restaurants sont bons et pas chers et il y a toujours un bar où les Pisco Sour (Whisky péruvien, blanc d’œuf, et citron) sont délicieux. Nous avons donc visité la ville, son couvent  sublime et gigantesque, ses églises rococo-baroque et ses bons restaurants.

Plazas de Armas d’Arequipa

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Pour le dîner, Maxence nous conseille de goûter le Ceviche (plat à base de poisson frais coupé en fine tranche et assaisonné au citron). C’est bon mais on ne s’attarde pas car dans 4 heures on part pour le Canyon de Colca. Lien de cause à Ceviche ou autre, je ne ferai pas parti de l’expédition en raison d’une tourista toute puissante qui me clouera au lit le temps pour mes amis de découvrir le canyon de Colca, faille grandiose à quelques heures de minibus d’Arequipa. Partis à 2h30 du matin en minibus, Erika, Maxence et Aimery ont donc eu la chance de marcher sur les routes sinueuses et épuisantes du canyon, celui-ci étant, s’il-vous-plait, deux fois plus profond que le Canyon du Colorado !

Vue depuis le haut du Canyon de Colca où l’on peu admirer les 3400m de profondeur

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1er jour de randonnée: 7h de descente sur un chemin raide et à peine assez large pour pouvoir se croiser… Gare au vertige !

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2ème jour: départ dans le noir à 5h du matin pour 3-4h de randonnée sur une montée vertigineuse
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Condors, paysages désertiques, nuit dans un refuge  sans électricité ni eau courante, thermales naturels au creux du canyon, remontée dans la nuit du petit matin, pluie et fatigue ont composé leur incroyable aventure qu’ils furent heureux de clore sous la douche chaude (c’est assez rare pour être souligné !) de notre très agréable petite auberge de jeunesse. Après une courte mais nécessaire nuit de sommeil, nous prîmes le bus pour nous rendre à Cuzco. On nous avait conseillé de voyager de jour pour pleinement profiter des paysages somptueux qui agrémentent les dix heures de voyage. Et c’est vrai que du premier rang de l’étage de notre bus nous avons vu défiler 10 heures de film où les paysages variés ressemblaient à un habile mélange entre Into the wild et un Thalassa sur la Patagonie au Printemps ! Pendant dix heures nous avons eu l’impression d’être au cinéma ! Mais c’était plus le cinéma de plein air de Beyrouth que le grand Rex, car le voyage fut émaillé des odeurs pestilentielles des « truchas frites » et  des vomis séchés , des heures de blabla des vendeurs de logiciels d’apprentissage des langues et surtout des coups de volants suspects du conducteur complètement azimuté…

Nous avons finalement atterri à Cuzco (« nombril du monde » selon les Incas) et plus particulièrement dans le quartier roots de San Blas, à quelques minutes à pieds du cœur de la ville.

Vue panoramique de la « Plazas de Armas » de Cuzco

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Les ruelles pavées de Cuzco de nuit
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Sur les hauteurs de la ville…

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Nous avons posé nos encombrants bagages dans un hôtel très confortable où nous sommes restés cinq jours. Le temps de se reposer, de visiter la ville, sa cathédrale, son musée des civilisations, la citadelle-sanctuaire (les experts ne parviennent pas à se mettre d’accord) de Sacsayhuaman et bien sûr la vallée sacrée (Moray, grenier expérimental Incas, prouesse technique fabuleuse. Les ruines extraordinaires et le marché artisanal de Pisac. Les salinas de Maras, le Guérande des Incas, au milieu des montagnes, magnifique. Et Ollantaytambo, forteresse imprenable sur la route du Machu Picchu.

La citadelle-sanctuaire de Sacsayhuaman

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Chinchero et son marché où nous avons observé des Péruviennes tisser

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La vue panoramique sur la Vallée Sacrée depuis le village de Chinchero

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Vallée Sacrée – Terrasses Incas en amphithéâtre de Moray

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Vallée Sacrée – Ruines de Pisac

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Vallée Sacrée – Marché artisanal de Pisac

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Vallée Sacrée – Salinas de Maras

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Vallée Sacrée – Forteresse d’Ollantaytambo

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C’est après les deux jours de visite des sites de la Vallée Sacrée que nous finîmes par visiter une des raisons pour laquelle nous étions en Amérique Latine: Le Machu Picchu, une des Sept merveilles du monde dont il faut arpenter les vestiges mais qu’il faut aussi voir de haut. Deux options s’offraient à nous : le Wayna Picchu ou le Cerro Picchu (la Montana). Tout le monde nous avait conseillé la première option mais il n’y avait plus de place. Nous avons donc fait l’ascension du Montana Picchu et ce fut une expérience extraordinaire (prononcez à la Mimmi : « c’est EX-tror-DInér » !). Arrivés au sommet en premiers, nous avons eu 20 minutes pour prendre des photos « National Geographic » sous le ciel bleu azur de Nîmes et la forêt verdoyante de Compiègne ! On vous passe les détails, c’est « à couper le souffle, inimaginable, encore plus beau que dans les reportages, complètement dingue… » et il faut que vous alliez le voir !

Départ à 7h du mat en bas du Cerro Picchu, arrivée les premiers au sommet (3082m) à 7h50

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La vue sur le Machu Picchu depuis le sommet du Cerro Picchu (la Montana)

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Le site du Machu Picchu P1020254

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Après les thermales sales mais agréables d’Aguas calientes, nous avons pris la route vers Cuzco et sommes repartis le lendemain direction Puno. Un voyage à travers les paysages incroyables de l’Altiplano, dont nous nous souviendrons encore pendant longtemps:

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Puno c’est une cité dortoir sur le lac Titicaca côté péruvien. On y a donc dormi. Le lendemain matin, émerveillement dans le bus longeant le lac direction Copacabana (Lac Titicaca, Bolivie), ses sommets enneigés qui culminent à plus de 6000m d’altitude, son soleil d’or, ses îles vertes. On arrive à Copacabana. On est loin du Brésil et des plages de sable blanc mais l’ambiance y est bonne et l’auberge à quatre euros la nuit. Mais cette ville a son trésor : un calvaire perché sur la montagne qui surplombe la ville avant de tomber sur le lac. L’un des plus beaux couchers de soleil de notre vie. L’immensité du lac, ses eaux d’un calme suspect, ses rives où prolifèrent la flore, ses monts enneigés sur lesquels le soleil semble rebondir à l’infini… La nature est belle au Pérou et en Bolivie, les paysages fabuleux : Maxence prend ses cent vingtième et cent vingt-et-unième panoramas avec son iPhone !

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Le lendemain matin nous prenons le bateau à moteur le plus lent du monde. Nous allons découvrir l’Isla del Sol. Dernière merveille de notre voyage. Pas la moindre. Imaginez une île au milieu d’un lac où les hauteurs ressembleraient au décor italien des westerns de Sergio Leone, où les habitants vivraient de la pêche, habiteraient des petites maisons simples et auraient toujours le sourire, où les eaux turquoises et le sable blanc borderaient ses flancs et où l’on mangerait des truites en contemplant monts et merveilles. Vous pouvez désormais imaginer quel fut notre bonheur à marcher sur cette île le temps d’une journée, de la dernière journée…

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Nous pensions terminer ce road trip en beauté…c’était sans compter l’ultime épreuve : le trajet en « bus » entre Copacabana et La Paz (dixit Erika « le pire voyage de ma vie ») : après 1h de trajet mouvementé c’est à notre grande incompréhension que la majorité des passagers sont descendus du bus. Et c’est ensuite avec surprise que nous avons observé notre moyen de transport traverser le lac sur une sorte de grand radeau à moteur, nous obligeant nous-même à emprunter une fragile et timide barque pour traverser également le lac…

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Finalement, nous arrivions à La Paz le 28 mai comme prévu…

¡ Con mucho gusto !

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Bienvenue à Manizales, ici, quelque soit votre interrogation ou votre affirmation, les gens vous répondront toujours « Con mucho gusto » (avec grand plaisir) ! Vous l’aurez compris, il y fait bon vivre…

A mi-chemin entre San Francisco et la forêt amazonienne, cette ville aux multiples dénivelés et à la végétation luxuriante nous a donc accueillis chaleureusement samedi dernier et c’est sans appréhension mais avec joie que nous avons défait nos sacs à dos de boy scouts dans la Grameen House. La Grameen House c’est une grande maison sur deux étages où les membres de la famille (structure pionnière du Social Business « façon Grameen » en Amérique Latine) travaillent, mangent, boivent, dorment… Et comme ses membres viennent aussi bien de Salvador, du Costa Rica, d’Argentine que de Grèce, d’Allemagne, de France…, la Grameen House c’est un peu l’auberge espagnole de Colombie !

Bref, l’ambiance est à la fois professionnelle et amicale, on est bien et ce n’est que le début !

Pour moi, Louis (désormais « Luis » dans les bouches autochtones!), la mission que l’on m’a confiée consiste à assister la fondatrice de Ruralive dans sa stratégie commerciale et marketing. Ruralive est une entreprise sociale qui propose des services de tourisme rural afin d’aider les familles des contrées reculées de Colombie à sortir de la misère.

Pour moi, Aimery (désormais « Amery » ou «¿qué? ¿Cómo se dice…?), la mission que l’on ma confiée consiste à définir une nouvelle stratégie commerciale et marketing pour le social business Bive. J’ai également pour mission de réfléchir et de lancer un projet avec d’importants partenaires nationaux dont le principe serait d’envoyer des conseils médicaux et préventifs par SMS  aux femmes enceintes les plus pauvres de Colombie afin de démocratiser les meilleurs pratiques en matière de santé et de lutter contre la mortalité infantile et maternelle qui reste encore aujourd’hui très élevée en Colombie.

Ci-dessous quelques photos de notre désormais bureau:

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Nous sommes bien dans une « Grameen House »: on peut voir sur l’un des murs les 7 principes du social business selon Muhammad Yunus:

  1. L’objectif de l’entreprise sera l’éradication de la pauvreté, ou une autre problématique (telle que l’éducation, la santé, l’accès aux technologies, le respect de l’environnement) qui menace les populations. L’entreprise ne poursuivra pas la maximisation de ses profits.
  2. La situation financière et économique doit être pérenne
  3. Les investisseurs ne reçoivent pas d’intérêts sur leurs apports
  4. Les dividendes sont automatiquement réinvestis dans l’activité de l’entreprise
  5. L’entreprise est soucieuse de l’environnement
  6. Les salariés sont payés aux salaires du marché, et bénéficient de meilleures conditions de travail
  7. … et tout cela dans la bonne humeur !

Enfin, voici parmi les quelques couchers de soleil que nous pouvons contempler tous les jours depuis le bureau ( le poète chilien Pablo Neruda affirma d’ailleurs, à ce propos, que Manizales était une « fabrique de couchers de soleil »):

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Comme vous pouvez le deviner, ces cinq premiers jours ne nous laissent qu’envisager le meilleur pour la suite de notre aventure…

Aimery & Louis