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Huayna Potosi

Les jours les plus longs, les jours les plus hauts

« Et les gars on l’a fait. 6088 m. Vue sur le lac Titicaca, l’Illimani et sur une grande partie de la Bolivie. On n’était plus proche du sommet de l’Everest que de celui de l’aiguille du midi… En rentrant, je me renseigne pour le Mont Blanc. On peut se la péter maintenant non ? Par contre c’était il y a 96 heures environ et j’ai encore l’impression que c’était un rêve. »

Le rêve, la plus belle chose qui puisse arriver quand quelque chose ne peut pas arriver. Le rêve, une parenthèse dans notre quotidien bien huilé. Le rêve, un échappatoire pour peureux. Le rêve sublime, le rêve hante mais souvent, on l’oublie ! Le week-end du 6 au 8 juillet 2013 fut une parenthèse dans notre vie. Mais ce rêve-là, on ne l’oubliera pas.

« Max, tape Huayna Potosi Muerte 2013 sur Google.” […]

– ça y est j’ai trouvé ! C’est le gros titre de Fox News Latino du 7 mai dernier. « Turista francés muere en el nevado de Huayna Potosí de Bolivia »

– Un mort ? Un Français en plus ? C’est mort les gars je ne le fais pas. J’ai fait un 5000 en Colombie. C’est au-dessus du Mont Blanc, c’est déjà pas mal.

Aimery a une tendance prononcée pour la panique. Mais là on le comprend. Nous sommes à 5 jours de notre potentielle ascension. ça fait cinq jours que Maxence lit tous les blogs de personnes qui racontent cette ascension. Souvent, il y est dit que « tout est dans la tête », « même si certains souffrent d’horribles maux de ventre, tête et autres, il existe des pilules qui calment les douleurs », « le sommet est réputé pour être facile… Faux répond la page wikipédia. Certains pans ne sont accessibles que pour les alpinistes expérimentés », « l’altitude, les crevasses, et les derniers mètres sont très dangereux à supporter mais dans l’ensemble c’est possible »…

Comme une grande nouvelle, triste ou heureuse, le Huayna Potosi rythme nos vies. Le tentera-t-on ? Quand ? Avec quelle agence ? Et la météo ? Il faut regarder la météo pour y aller par jours de beau temps. Elle va dire quoi maman ? Oh non je ne pourrai pas lui dire. Elle ne dort déjà pas beaucoup. Papa sera fier par contre. Ah oui il sera fier. 6088 m quand même. Et les potes ? Ils ne se rendront pas compte. Les cons. Mais les padrés eux ils l’ont fait l’année dernière ? Oui mais ils ont chialé. Il y en a même un qui s’est chié dessus. Oui mais ils l’ont fait.

Les questionnements étaient à l’image de notre quotidien : invariables. Mais leur simple apparition dans nos vies dénuées de stress, où la soupe du déjeuner au Banais (notre cantine depuis un mois et demi) annonce toujours notre soupe du dîner et où notre coucher entre 21h30 et 23h30 après 19cl de tisane s’explique par nos tennis matinaux, suffit à semer un vent de panique.

Le mercredi 3 juillet, nous sommes potentiellement à 3 jours de l’aventure et la fistonne de Louis, Flore, fait son apparition dans nos vies. En voyage avec son tendre, elle est à La Paz depuis quelques jours. Evidemment, on lui parle de notre projet fou, de ses risques, de ses dangers, de cette occasion unique de…

– Nous on part demain matin.

C’est clair, net et précis, cette lilloise d’1m75 qui a oublié la signification du mot sport il y a bien longtemps et qui vient à peine de débarquer dans une ville à 4000m d’altitude part pour le Huayna Potosi demain. Elle aime l’aventure et est dotée d’un petit grain de folie certes. Mais quand même.

– On ne peut pas ne pas le faire si elle le fait.

– Oui.

– Donc on le fait.

– Oui.

Le lendemain nous étions à l’agence High Camp Lodge et essayions notre équipement. C’était signé. Nous allions partir samedi matin.

– Ce soir on se fait des pates alors les gars hein ?

– Oui. Comme tous les soirs depuis un mois et demi quoi !

– Et on pourrait acheter des abricots, de l’eau, des boissons énergisantes, des snickers… J’ai vu des raisins secs dans l’épicerie aussi (l’oncle d’Aimery nous l’a bien dit : « les fruits secs en altitude c’est mieux que les barres céréalières pour la digestion »). Et puis il ne faut pas oublier des gants, un bonnet moche de péruvien, des écharpes, des collants…

Ça fait bel et bien une bonne semaine que l’on se prépare ! Tout est prêt dans notre esprit. Notre sac, nos provisions, nos temps de sommeil pour les prochains jours, les plats à venir, la couleur de nos caleçons, les médicaments à prendre… La pression se relâche. Nous sommes fixés : la grande ascension c’est pour lundi entre 1h et 7h du matin. L’iPhone de Maxence annonce un joli soleil sans nuage.

Samedi 6 juillet nous avons rendez-vous à l’agence. Nous y rencontrons un couple de canadiens de vingt ans. Ils seront de l’aventure eux aussi. Franz et David seront nos guides. Ils sont petits, gentils et timides de prime abord. Des vrais Boliviens. C’est rassurant. Nos équipements prêts, nous rejoignons le 4×4 qui va nous amener au premier refuge. Après une halte dans le quartier populaire donc bon marché d’El Alto pour acheter les médicaments contre le mal d’altitude, nous sortons de la Paz. Nous sommes sur ses hauteurs. Il y a de moins en moins d’habitations et le paysage se fait de plus en plus désertique. Des longues étendues de terre, une station d’épuration dont l’apparence vétuste et insalubre explique l’eau non potable des robinets de la capitale, quelques cabanes, une dizaine de fermiers avec leurs troupeaux de lamas, puis des barrages où le soleil resplendissant fait refléter les monts, dont le Huayna Potosi qui surplombe, majestueux, tout ce petit monde tranquille.

Le Huayna Potosi vu d’en bas

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Après quelques photos « Ney-chio-nôl dji-O-grey-phiccccc » (ndlr. Les photos National Geographic – qui concernent seulement des paysages naturels – sont réputées mondialement pour leur qualité. Nous en avons donc fait un adjectif : « qui est national ». Se dit des chefs d’œuvre photographiques de notre voyage. Par exemple, l’un de nous après un beau cliché : « mec mec mec la national quoi ! »), nous atteignons le premier refuge. Voisin d’un institut d’observations sismologiques, ce refuge est perdu à 4700 m d’altitude entre le Huyana Potosi et La Paz. La vue sur le barrage puis sur la capitale y est belle et l’environnement sauvage. A l’intérieur du refuge, il ne fait pas chaud. Au rez-de-chaussée, il y a une cuisine et un garage. Dans le garage, on laisse l’équipement. Dans la cuisine on joue aux cartes et on mange. A l’étage, une grande mezzanine accueille des matelas collés les uns aux autres où les touristes posent leurs affaires et étendent leurs sacs de couchage -30°. Il y a deux fenêtres. Les verres sont cassés. Du scotch sert de cache-misère. Il va faire froid cette nuit.

Cet après-midi, les guides nous emmènent sur un glacier. On va y essayer nos crampons et apprendre à utiliser un piolet. D’abord, ce fut simple : gravir quelques mètres non démesurément pentus. Puis, nous avons avancé vers les hauteurs du glacier. Là sur un mur de dix mètres de haut, Franz avait installé une voix d’escalade. Les guides vont nous assurer et nous allons essayer de gravir ce mur à coups de crampons et de piolets. Vertical Limit mais en vrai. Même si Maxence manquera de peu d’y laisser quelques plumes (ce qui lui vaudra le surnom de Volador), tout se passera sans problème majeur et nous rentrons au refuge pour dîner et dormir. Enfin, essayer de dormir ! Parce qu’à 4700 m d’altitude, dans un dortoir, les nuits sont différentes. On y apprend d’abord que la loi de l’altitude et des flatulences est une règle universelle à laquelle personne n’échappe et à laquelle chacun se laisse aller à la nuit tombée. Ensuite, il y a les ronflements de ceux qui se réchauffent à la gnôle. Puis les étouffements des victimes du manque d’air, et le va-et-vient de ceux qui souffrent d’indigestion… Bref, on n’a pas dormi cette nuit-là.

 Initiation aux crampons et piolets sur glacier

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Nos guides David et Franz nous montrent l’exemple

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Maxence se lance le premier

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Louis suit l’exemple, il y perd son gant

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La descente en rappel d’Aimery
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Maxence s’essaye une deuxième fois à la montée du glacier…l’accident est évité de peu

Retour au premier refuge à 4800m d’altitude

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La nuit froide et courte au premier refuge

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Le lendemain est placé sous le signe du repos avant la tempête. Le principe de la journée est simple : prendre son temps le matin, monter avec nos sacs au second refuge, prendre son temps au second refuge, dîner tôt pour se coucher tôt pour se lever tôt. Nous avons suivi le programme à la lettre. Ainsi, le déjeuner à 11h a succédé au petit-déjeuner à 9h30. L’ascension avec les gros sacs sur le dos jusqu’au second refuge ne fut pas un jeu mais nous finîmes par atteindre les  5200 m d’altitude et ce refuge perché au milieu de nulle part. Les alentours du refuge sont éprouvants pour le mental : il y a de la neige, du brouillard, une tente (« c’est qui les barges qui dorment sous la tente là ? »), des toilettes séparées du petit refuge par un sentier de glace où chaque pas est un challenge, de la roche et le précipice… C’est d’ici que nous partirons en pleine nuit, dans seulement quelques heures.

Rando entre le 1er et le 2nd refuge

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L’arrivée au 2nd refuge, 5130m d’altitude

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Certains préfèrent ne pas dormir dans le refuge…

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Dans l’habitation rustique aux murs de pierres, nous entrons dans la salle commune. Des écritures sur les murs. Partout dans le monde, certains en ont bavé mais l’ont fait, d’autres ont arrêté. Partout sur ces murs, on sent l’écriture de gens fiers qui ont souffert. Nos padrés (l’équipe d’Aventure Equitable 2012) nous ont laissé un mot : ils comptent sur nous renouveler l’exploit. La fistonne de Louis a tagué « Ici c’est le Chti ».

La salle principale du refugeIMG_2525f

Les fameux mots gravés sur les murs de bois du refuge

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A l’étage, la mezzanine est petite et 8 américains-australiens-anglais-canadiens aux accents prononcés nous accueillent par un rot suivi d’un sourire. Les nuits en altitude se suivent et se ressemblent. On dîne finalement à 17h. A 16h nous avions goûté. Aujourd’hui on s’est goinfré. Trop ? Peut-être. Toujours est-il que la nuit fut marquée par l’attente. « Il fera beau quand on se lèvera. Et le troisième guide promis viendra-t-il ? Ils nous avaient promis un guide pour deux personnes. Il est 18h, nous sommes cinq. Il n’y a que deux guides. Ce n’est pas pratique si l’un d’entre nous abandonne. Et est-ce prudent ? A quoi vais-je penser pendant ces six heures de marche de nuit, dans la neige ? Il y a des crevasses. Merde j’ai toujours eu peur des trous en montagne. A quel niveau ce pauvre français a-t-il bien pu rester bloqué ? C’est vraiment dur ? Et là-haut, le vertige… » Nos têtes sont pleines d’appréhension. Maxence dormira, Aimery un peu moins, Louis pas du tout.

Bref, on n’a pas bien dormi cette nuit-là.

« Max…Louis…Aymara… » David, lampe frontal au point, nous réveille vers minuit. Nous avons fait nos sacs la veille. Reste à nous habiller : deux paires de chaussettes, un collant, un pantalon polaire, un pantalon ciré, un t-shirt, un pull en alpaca, une polaire, une veste cirée, une veste cirée en toile épaisse, une paire de gants en alpaca, une paire de gants polaires, une écharpe, un bonnet péruvien, un casque, une lampe frontal, un harnais, des crampons, des chaussures d’escalade… Handicapé par ces épaisseurs, par des maux de tête récents et par le stress, nous prenons péniblement un petit-déjeuner essentiellement composé de feuilles de coca dans de l’eau chaude (maté de coca). Puis, alors que nous nous apprêtons à braver le froid, surprise ! Le troisième guide est arrivé cette nuit. Ce sera le guide de Louis. Aimery et Maxence sont encordés avec David et les deux Canadiens avec Franz. Dehors il fait froid mais on ne le sent pas encore. Le ciel est étoilé. Il y a une légère brise de vent.

« Les premiers pas, il faut prendre le rythme du guide. Lui il sait comment faire. Après tu auras les pas et tu marcheras comme un zombie. Ta tête se déconnectera de ton corps. Tu avanceras sans réfléchir. » Une Française expérimentée nous avait décrit les sensations hier soir pendant le dîner. Nous sommes prévenus. Il faut prendre le rythme.

Les premiers dénivelés ne sont pas trop abrupts. Nous prenons les pas de nos guides en musique. « Un – deux… Un – deux… Un – deux » ou alors plus soutenus « un – deux – trois..un – deux – trois..un –deux –trois ». Et nous faisons attention à notre respiration « ahhh ffffffff….ahhh ffffffff….ahhh ffffff ». Aimery ne lève pas les yeux. Il suit les pas de Maxence, premier de cordée, qui lui-même s’applique à suivre les pas de David qui, lui, siffle, chante, rit et fait des mauvaises blagues.

« Ah j’ai mal au ventre, j’ai mal à la tête. C’est la première fois que je fais ça moi… » Merci David. Encore une autre ? « Allez les chicas, allez ». Merci David. Sacré David.

On fait des pauses toutes les 45 minutes. L’occasion pour Martin, le guide de Louis, de dormir quelques minutes. « Il y a 15h à peine j’étais au sommet de l’Illimani (ndlr. Sommet de ouf. Difficile. 6500 m d’altitude) avec d’autres touristes Français ». Et pour nous de manger nos abricots secs en buvant des gorgées de Powerade salvateur. Maxence hésite à chaque fois. « Les mecs si j’enlève mes gants, mes mains gèlent jusqu’à la prochaine pause. Si mes mains gèlent jusqu’à la prochaine pause, je ne vais pas enlever mes gants. Donc pas d’abricots et pas d’eau pendant au moins 1h30… » El dilemna, le dilemme. Aimery pense à son avenir et à ses parents. Maxence a arrêté de penser. Louis fait un quinzième vœux. Ce soir il a déjà vu quinze étoiles filantes.

Puis, le chemin s’est corsé. Large de 30 centimètres, pentu, il ne faut pas faire de pas de travers. Nous sommes tous concentrés. Les Canadiens suivent. « Mais qu’est-ce qu’elle fout là cette Canadienne de 20 ans plutôt mignonne ? Et dire que la fistonne de Louis l’a fait il y a deux jours… » Soudain au milieu de ces rares moments de pensées autres que « Un – deux..Un – deux.. », nos guides se mettent à piocher et à enfoncer violemment leurs crampons dans la glace. Le bruit enlève tout soupçon. Il y a un mur de glace. Après quelques minutes éprouvantes et surprenantes, nous atteignons le haut de ce passage difficile. Il fait nuit noire. Tant mieux.

Nous continuons d’avancer sans embûche. Le ciel est toujours aussi beau. A notre gauche, les lumières de La Paz scintillent. Le panorama est sublime mais il fait nuit. Maxence ne pourra pas faire son 1000ème « pano » tout de suite. Il faudra attendre que le soleil se lève. Le lever de soleil. Jamais il n’a été aussi important dans notre vie. Il est la fin. Notre objectif ultime. Parce que la dernière partie de l’ascension est risquée. Nous devons la faire de nuit pour que la neige soit suffisamment solide. Puis nous devons faire le retour rapidement avant que le soleil ne réchauffe le sommet et la corniche… Bref, le soleil est au cœur du cœur de cette ascension nocturne !

Et c’est aux alentours de 6h, quand le soleil s’apprête à apparaître, que nous avons fait l’ultime pause avant le sommet, au pied de la dernière portion. « Cuidado con sus pies, las seis puntas en la nieve, el piolete fuerte en la nieve… » (Attention avec vos pieds, les six pointes -des crampons- dans la neige, le piolet fort dans la neige). Les guides sont clairs. Ce dernier pan se décompose en deux parties hardues. La première est lisse mais très pentue. Il faut utiliser ses crampons et son piolet. La fatigue commence à se faire sentir. Heureusement, elle n’est pas longue. Aimery et Maxence sont devant. Louis est encore derrière. Son guide ne veut pas arriver de nuit au sommet : « ça ne sert à rien de surplomber le monde si c’est pour ne rien voir » ! Premier palier atteint. On y est bientôt. Pas vraiment en fait. La seconde portion est de loin l’endroit le plus dangereux que nous ayons vu depuis le début de l’ascension. Un chemin de ronde de quelques centimètres de large posé à plusieurs centaines de mètres au-dessus du vide nous sépare du sommet. « Allez Aime, on y va. » Maxence motive Aimery mais même lui, gymnaste et aventurier sans craintes, appréhende la traversée vertigineuse de cette poutre autrement plus dangereuse que celle de sa salle de gym à Lille. Chaque pas est un calvaire. A notre gauche le vide, à notre droite un muret de glace sur lequel il faut frapper notre piolet de toutes nos forces en guise d’assurance chute. Aimery regarde ses pieds. Il a du mal à lever la tête. Il suit Maxence qui continue de l’encourager. David, devant, siffle et court sur ce sentier de la mort. Si la vie ne tient qu’à fil c’est bien à ce moment-là. Si les lacets des chaussures se prennent dans les crampons, c’est la chute assurée. Si on chute… Après 20 minutes d’angoisse permanente, le trio arrive enfin au sommet. Le soleil ne s’est pas encore levé. Autour, l’immensité de la Terre. Le lac Titicaca, l’Illimani, des chaînes montagneuses, des plaines… La Bolivie s’étend sous leurs pieds. Aimery prend une vidéo souvenir et croise soudain la tête de Louis. Il le félicite. Louis n’entend rien. Il est encore concentré. Entre l’émotion, la joie, la frayeur, il ne s’est plus trop où il est. Il a le vertige et a dû prendre sur lui pour ne pas rebrousser chemin. Les trois copains sont en haut. Il est 6h40. Le soleil se lève. Nous sommes les rois du monde.

La fameuse crête finale

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La vidéo de l’arrivée à 6h40 au sommet

Les photos de l’arrivée à 6h40 au sommet

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Si toute bonne chose a une fin, il fut aussi le moment de se souvenir qu’après l’ascension, il y a la descente. Et ce n’était pas un plaisir de refaire la crête. Il faisait jour donc nous voyions le précipice mieux que jamais. « Un dernier effort et c’est fini ». C’était sans compter la descente infernale que David fit subir à Maxence et Aimery. Le roux, à bout de force, tombait de fatigue alors que Maxence suivait le guide la tête en avant, la truffe tombante et les yeux dans le vide. « J’étais le chien que l’on tire pendant 2h de descente ! ». Un peu plus haut, Martin et Louis font des pauses. Martin veut faire des siestes et Louis s’imagine dévaler la pente en ski. Le ciel est bleu, la montagne est blanche, des reflets dorés parcourent les glaciers et les lagons gelés. Nous nous rapprochons de la civilisation et constatons admiratifs le chemin parcouru cette nuit.

Nous découvrons en plein jour lors la descente ce que nous venons de grimper cette nuit là 

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Dans quelques heures nous serons à La Paz, fiers de nous, épuisés, impatients de raconter au monde entier cette expérience inoubliable.

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Le Salar d’Uyuni

Après notre nuit glaciale dans le bus retour de Potosi, nous avons opté cette fois-ci pour une compagnie dite de « Gringos », qui en temps normal nous aurait permis de profiter d’un bus doté d’un chauffage qui fonctionne. Oui, nous voulions à peu près correctement dormir cette nuit-là histoire de profiter ensuite de ces trois jours que tout le monde nous promettait comme grandioses. Perdu ! En arrivant au terminal, on nous annonce avec le sourire que le bus prévu pour ce soir n’est pas en état et qu’il faudra « simplement faire la première partie du voyage dans un vieux bus avant de changer de bus au beau milieu de la nuit. » En bons français et en bonne « pinças » nous avons donc râlé comme il se doit, et  c’est à voix basse que l’on nous a demandé de rester au guichet pour qu’on nous accorde un petit « descuento», quand tous les autres passagers sont  invités à monter à bord… Finalement, et malgré la satisfaction de ce « descuento », on aura eu la mauvaise impression de passer une nuit dans une machine à laver tellement le bus tremblait sur la route de pierres.

Nous sommes arrivés au petit matin à Uyuni et avons rejoint nos deux compagnons de voyage Sunita et Meïly, qui nous attendaient afin de pouvoir partir ensemble découvrir le « Machu Picchu de la Bolivie ». Uyuni, c’est une ville désertique, dépourvue d’habitants et d’âmes. On se croirait au beau milieu d’un décor d’un vieux Western, le froid en plus, les revolvers en moins. C’est pourtant le point de départ d’un voyage aux panoramas de rêves, parmi les plus beaux d’Amérique du Sud : le Salar d’Uyuni et le désert du Sud-Lípez, à quelques kilomètres seulement du Chili.

C’est à bord d’un 4×4 sept places âgé d’une bonne vingtaine d’années que nous allons passer les trois prochaines journées. Après un court arrêt dans le cimetière de train qui borde le Salar, nous rentrons enfin sur cette immense étendue de blanc au sol, de bleu au ciel, et d’étoiles dans les yeux. Le plus grand désert de sel de la planète est encore plus impressionnant en vrai que sur les photos. Imaginez une plaque de sel de 12 000 km2  allant parfois jusqu’à 12 mètres de profondeur, le tout à 3650m d’altitude.  D’où vient tout ce sel ? Figurez-vous que la cordillère des Andes est la plus jeune des chaînes de montagnes existantes, et qu’avant sa formation se trouvait à cet endroit un lac préhistorique géant. Ceci explique cela. L’expression « A perte de vue » trouve ici tout son sens. Du blanc et du bleu, sur des kilomètres et des kilomètres. On croirait marcher sur la neige d’une banquise infinie. Comme des chaussures de ski sur la neige, le sel craque sous nos tennis. Un paysage grandiose d’où se détache, au loin, pour marquer l’horizon, les sommets couleur ocre des volcans.

Le cimetière de trains d’Uyuni

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Le désert de sel d’Uyuni

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Après 3 heures de route (pas vraiment le terme approprié ici !) sur le sel, nous faisons escale sur Inca Huasi, une île volcanique habitée uniquement par des cactus. Perdue au milieu de cet océan de sel, cette île aux cactus est sans doute le plus beau point de vue au milieu de ce désert et c’est pour nous l’occasion de réaliser notre énième panorama.

 Vue sur le Salar depuis l’île aux cactus

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Notre 19e et ultime séance photo a eu lieu lors du coucher de soleil, grâce à un timing judicieusement choisi par notre cher guide « Luis ».

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Nous prenons la route pour rejoindre un hôtel de sel (comprenez plutôt refuge)  lequel nous abritera pour la nuit. A 4500 mètre d’altitude, à l’intérieur d’un refuge  sommaire au bord d’un désert en Bolivie, il fait généralement froid, voire très froid alors on dort emmitouflé dans nos quatre couches polaires en attendant le réveil par le froid, celui qui pointe son nez pour se poser sur le vôtre, le geler et donc vous réveiller ! Le lendemain, nous quittons déjà le Salar pour aller sillonner les routes de la région du Sud-Lípez.

La nuit dans « l’hôtel » de sel

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Le levé du soleil depuis « l’hôtel » de selIMG_2034

Le deuxième jour, changement de décor. Nous avons l’impression d’être sur les pistes du Dakar mais avec l’avantage de pouvoir admirer des paysages lunaires et désertiques. La voiture file au milieu de nulle part, les têtes scotchées aux fenêtres, nous contemplons l’esthétique de l’absence de vie, bercés par les mélodies du dernier album de notre cher duo masqué. Quelques arrêts pour nous ravitailler dans les « tiendas », qui ne courent plus les routes, nous sortent de nos songes et nous permettent de répéter le rituel « una pequeña parada de 15 minutos » – 5 min pour s’habiller contre le froid – quelques photos toutes plus exceptionnelles les unes que les autres – retour précipité vers la voiture – « qu’est-ce qu’il fait FROID ! ». Nul nuage dans le ciel, un vent glacial, le discret vacarme de la nature : nous ne sommes pas loin d’un hiver sur la côte bretonne. Voilà le décor dans lequel nous apprécions les paysages volcaniques, les arbres de pierre, les lagunes et leurs flamands roses qui décollent péniblement à notre approche, un effort de plus de la nature pour sublimer nos photos… Mais ça, c’était avant le drame ! Un peu plus tard dans l’après-midi, nous empruntons un chemin que les autres convois de touristes ne semblent pas emprunter. Il faut dire que soudainement l’inclinaison de la piste prend des airs de mauvaises pistes noires. La piste est sommaire. Nous passons un col entre deux sommets enneigés. Nous sommes en Juin. Il y a maintenant plus de poudreuse qu’un 5 janvier dans les hauteurs alpines. Sensation bizarre, paysage sublime : la routine depuis 36 heures ! Nous avançons lentement mais sûrement jusqu’au moment où « Luis » est obligé de monter sur le bas-côté pour contourner la trop grosse épaisseur de neige. Notre guide ne maîtrisait apparemment pas si bien ce genre de situation : après quelques mètres d’avancée plus qu’inclinée, l’arrière de notre quatre roues motrices se déporte et se bloque dans un bon mètre de neige. Marche avant puis marche arrière, rien à faire, on est bloqué. « Bon, je crois qu’on va être obligé de pousser ! » Les premières tentatives sont de beaux échecs : on pousse à l’avant puis à l’arrière, puis à l’avant. « Merde j’ai les pieds trempés ! Qu’est-ce qu’il caille ! Personne n’a des gants en rabe ? ». Pas gêné, notre chauffeur esquisse un sourire en nous voyant pousser comme des demeurés. S’il a paniqué lui aussi, il l’a bien caché. On se voyait déjà y rester. C’est seulement après avoir déplacé une bonne partie des pierres du versant gauche de la montagne afin de « bétonner » la piste enneigée  que nous réussissons à pousser notre 4×4 hors de la neige.

Voici à quoi ressemblaient ces paysages lunaires

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Avant le terrible accident

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La vidéo du terrible accident

 

La suite des évènements

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A peine sortis d’affaire, nous croisons un autre véhicule avec un carreau cassé lui aussi bloqué dans la neige, ses passagers ont disparu. Pas hyper rassurant tout ça. Nous arrivons finalement sains et saufs au deuxième refuge, au bord de la fameuse Laguna Colorada. Nous retrouvons les autres touristes, arrivés 1h30 avant nous… Le soleil se couche, le froid arrive. Un malheureux poêle sert de chauffage pour une dizaine de chambres de 5 personnes. Les plus prévoyants remplissent leurs bouteilles d’eau chaude en guise de bouillotte. Nous goûtons à l’immonde vin rouge local et enchaînons les tisanes et autres grogs… « Ah, ça nous rappelle les nuits sous la tente lors des week-end scouts de janvier tout ça ! ».

Réveil à 6h pour aller observer le lever du soleil près des geysers à 25 « minutitos » de route. Température ambiante : -30°C. Le spectacle est encore une fois magnifique, même si le froid et l’odeur nauséabonde du souffre rendent les photographies difficiles et écourtent les explications. Il faut cependant être concentré, ou du moins pas trop endormi pour ne pas approcher de trop près les geysers dont la température avoisine les 200°C.

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Nous rentrons pour un petit-déjeuner bien mérité et partons en direction de la Laguna Colorada, ou Lagune rose si vous préférez. Imaginez un magnifique lac de montagne entouré de sommets enneigés dont l’eau n’est ni bleu ni verte, mais bien rose. Ces tons rouge-rose résultent de la lumière du soleil qui éclaire les algues spécifiques de cette lagune. Les flamands rose complètent le décor pour le moins merveilleux. C’est la dernière étape avant de quitter l’altiplano et de redescendre dans les grandes plaines type « Death Valley ». Beaucoup moins lunaire mais tout aussi désertique, le paysage nous donne désormais à voir quelques vigognes, beaucoup de lamas, un renard et  même un chat sauvage. « Un baby Puma ! » nous fait croire Luis. Sacré Luis…

L’ultime point fort des ces trois jours inoubliables fut la « Ciudad Perdida ». Une véritable cité fortifiée naturellement par des roches volcaniques. Ambiance surnaturelle, l’impression d’avoir été téléporté dans le Colorado, ultime occasion de mitrailler…

La laguna colorada et la Ciudad Perdida

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Il est maintenant l’heure de rentrer, de dire au revoir aux  lamas sauvages, d’abandonner l’espoir d’être attaqués par un puma, de se baigner dans les eaux thermales (fermées cette semaine pour excès de neige)… Les trois jours se clôturent sur un coucher de soleil encore une fois merveilleux. Nous sommes fatigués et sales, mais ces trois jours auront été probablement les jours les plus impressionnants et dépaysants de notre voyage… Enfin, ça, c’était avant l’ascension du Huayna Potosi …

Maxence

La Parenthèse Christian

Entretien avec un titi

Je suis né en 1990. L’époque des Ventura, Gabin, Lautner, Meurisse, Verneuil, Melville était passée. La grande bande à Audiard n’était plus. Fini les mots mâchés, l’argot ouvrier à Saint-Germain, les coups de gueule enivrés dans les cafés de Montparnasse. Fini les casquettes, les trois-quart beiges, les gitanes au bec jour et nuit. Fini les titis. 

Les dialogues du Pacha, la folie des Tontons flingueurs, les facéties des Barbouzes. Souvenirs d’une époque révolue. Témoignages d’un Paris enchanteur. Vestiges d’un art de vivre, de cuisiner, de parler, de dire, de chanter, de râler, de charmer, de cracher, de casser des gueules. A la parisienne, à la française.  

Tout semblait donc perdu depuis longtemps. Je m’étais résigné à me contenter d’a-partés titis un dimanche soir par an, devant TF1, devant la 263 ème rediffusion des Tontons flingueurs, sur mon canapé, en famille ou entre amis. Les lendemains ressemblaient toujours aux mêmes réinterprétations plus ou moins réussies et chacun y allait de son mot. « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ». – Oh exceptionnel. Quel génie ce Audiard. Puis venait le moment de gloire du type qui avait appris par cœur la réplique de Bernard Blier : « Non mais t’as déjà vu ça ? En pleine paix ? Il chante et puis crac, un bourre-pif ! Il est complètement fou ce mec. Mais moi, les dingues, je les soigne. Je vais lui faire une ordonnance et une sévère… Je vais lui montrer qui c’est Raoul. Aux quatre coins de Paris qu’on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon Puzzle. Moi, quand on m’en fait trop je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile ! ». Je n’ai jamais réussi à la retenir celle-ci. J’étais jaloux. Je me taisais. En fait, j’imaginais juste une beuverie avec la bande. Je me renseignais sur les bistrots et les quartiers où se tenir pour chasser les ombres de mes idoles. Rien n’y faisait. Le titi, le vrai, le grand, celui de Paris, avait fui ce siècle.

Fui ce siècle ? Bien sûr. Paris trop chère, Paris trop stressée, Paris trop bonne. Paris a chassé son titi. Loin, trop loin pour que je puisse le trouver ailleurs qu’à l’autre bout du monde, à l’autre bout d’un petit pays, dans une petite échoppe.

A Sucre (c’est en Bolivie. Prononcez  « Saoul Cré) c’était jour de défilé des universités ce jour-là. Il était 17h30 environ et nous avions vu 25000 corps dénudés par des déguisements traditionnels arpenter les rues de leurs pas endiablés.

Les rues de Sucre, ville coloniale, avant les défilés des étudiants

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Le défilé des étudiants : un moyen pour les universités de faire de la pub afin d’attirer de nouveaux étudiants pour la rentrée prochaine DSCN2891

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Les spectacles municipaux c’est sympa mais souvent trop répétitif. Alors pour passer le temps les gens sirotent quelques boissons alcoolisées. Et souvent, ça dégénère. Alors les mairies interdisent la consommation d’alcool. « Mais Señor c’est mon anniversaire. Enfin c’était hier et j’étais dans le bus donc on comptait sur ce soir pour lever nos verres à mes 23 ans ». Une serveuse compréhensive (comprenez. Cupide) nous propose un jus avec une double dose d’alcool pour me rendre heureux (comprenez. Pour arrondir sa fin de semaine). Chic femme. Mais les deux verrines de Cointreau dissoute dans le litron de jus sucré ne feront pas l’affaire. C’est mon anniversaire. Merde.

Il fallait trouver un plan B. Et il y a toujours un plan B quand on parle liqueur. Les choses sont faciles quand elles touchent aux vices. C’est pour ça qu’on les nomme « vices » d’ailleurs. La vie facile est vile.

« Le Petit Parisien » l’a bien compris. A ses dépens ? Les quatre heures de discussion qui suivront ne nous l’apprendront pas. Le mystère sait y faire. Il touche les Grands, les enveloppe d’un voile blanc, les rend distant, perturbant. Bref, Le Petit Parisien est le bistrot-tienda-restau (bordel français en d’autres mots) que Christian (le petit parisien) a monté avec sa femme il y a dix ans.

Nul doute que son bistrot n’a pas changé d’une ride depuis. La même femme maquillée comme une danseuse du cirque Pinder. « J’lai rencontré dans la rue. Jeune fille au pair elle était (…) Elle était déjà pas comme les autres. Parce que t’as vu qu’ici ils sont lents ? Ah oui non je ne pourrai pas me considérer Bolivien tant qu’ils auront le même cerveau. » Le même accueil à la clientèle. « Du Coca Zero ? Ba non j’en ai pas (…) Du Coca Zero, il est con lui encore ». Parce que Christian parle en Français à ses clients. Et il ne leur parle pas toujours avec beaucoup d’amour.  « Mais ils ne comprennent rien ? » – Ba non. Qu’est-ce que ça peut me faire moi. Et puis il y a toujours Camille qui peut traduire. Elle parle deux langues parfaitement. J’ai envie qu’elle fasse la meilleure scolarité possible. Et la meilleure ici c’est pas Henry IV non plus mon ptit gars.

Camille c’est peut-être la seule qui change dans ce décor d’un autre temps, dans ce Paris des années 1960-1970, dans ce Paris de 25 mètres carrés où trois tables du modèle « table de camping sur les airs d’autoroute » et un comptoir en bois meublent la plus grande partie du lieu. Car Camille c’est « la Grande », « la fille prodige ». Elle a 10 ans mais elle grandit vite. « Elle veut retourner en France avec sa mère ». « Mais qu’elles y aillent en France, vivre avec des têtes de cons qui servent de têtes à l’Etat, profiter du charme d’un 30 mètres carrés à Courbevoie, boire des Coca à 6 euros ». Car « Paris 6-7-8 oui, le reste moyen, le 19-20 non mais alors la périphérie attention ! »

Depuis 1736, la famille de Christian peuple le sympathique 6ème arrondissement alors lui aussi a pris la mauvaise habitude ne voir Paris que sous l’angle du merveilleux. Et des paillettes… Celles qui tombent des costumes des personnalités qui sortent des plateaux télés.

– Bohringer c’est un mec bien. 

– T’as connu Bohringer ?

– Ba oui. Lui c’était un bon copain. Avec lui et Lindon (Vincent de son prénom) on en a vidé des bouteilles. T’as vu Truffaut ? Les 400 coups ? Ba pareil. Des centaines et des centaines, en francs, de rouge. Et puis quand il y en avait un sans sou, ce n’était pas grave, on s’arrangeait…

– T’as connu tout le 6ème pendant tes 35 premières années de vie ?

– 52 mon ptit gars, 52. Putain ça passe vite… Mais oui il y avait aussi Wermus (Paul). Alors lui je lui ai proposé de m’inviter sur ces plateaux. Je les aurais allumé. Tous, tous ces cons qui se prennent pour des rois parce qu’ils passent leur temps à se lécher le derrière (cherchez un synonyme). Un Rockeur. Lui était bien. Il aime le rouge mais il est sympa. Comme Girardeau. Des personnes simples. Tu leur sers la main dans ton bistrot. Il te salue. Pas de grimace. Lhermitte aussi c’est un chic type. Bon père. Bon acteur. J’laime bien lui. Pas comme l’autre con de Christian Clavier qui s’emmourache de Sarko…

– T’aimes pas Sarko ?

– Non.

– Tu préfères Hollande ?

– Je déteste les saloperies. Peste ou collera je ne choisis pas, je soigne.

– Ah ?

– Ba oui merde, ces enfoirés qui nous donnent des leçons et nous piquent notre pognon. Je vais même te dire. Moi c’est Mélenchon.

– Mais c’est un con aussi…

– Oui, mais il est sympa.

– Ah ?

– Oui il est sympa.

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(…) Nous entamons une autre bouteille d’un délicieux (le seul peut-être) vin bolivien. Christian se sert des verres de vin mais au verre à vodka. Technique ancestrale pour limiter sa consommation ? « J’en sais rien. C’est comme ça ». (…) 

– Christian, je peux me permettre.

– Oui, mais fais gaffe.

– T’as une grosse gueule d’acteur…

– Oui je sais. On m’a dit. Mais mon théâtre c’est ma vie. Mon théâtre c’est ça. (il pointe son bar. Il tape sur le bois.) Tous les jours je fais mon cinéma et ça m’arrange parce que je maîtrise l’utilisation de ma tête. Quand je veux la partager avec des gens sympas comme vous, je me fais plaisir. Quand je n’ai pas envie, je n’ai pas envie. Je n’ai jamais été à vendre alors t’imagines bien que ma gueule je la garde pour moi…

– T’es l’homme à la tête de chou quoi ?

– Ouais. Tu aimes ?

– Ouais. Tu connais Gainsbourg j’imagine.

– Ba oui mais pas beaucoup. C’était un bourgeois. Il était pas facile. Il vivait dans le 14 lui. Oui sympa comme quartier. Une fois, saouls, au comptoir, on a parlé téléchargement.

– Alors ?

– Il est pas con mais quel orgueil ! Il aimait le fric Gainsbourg et ça le ruinait un peu. Dommage. Mais quel génie quand même ! On danse ?

– Allez.

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Ses idoles chargées sur YouTube nous ont régalé. Certaines dansaient sur les tables et se cassaient la gueule, d’autres jouaient à cache-cache avec Camille dans la petite boutique parfumée au tabac, d’autres rêvaient de la soirée qui ne faisait que commencer. Il était 23 heures quand nous sortîmes. L’air était frais. On s’est alors dirigé vers une boîte de nuit.

Nous avions bu, ri, voyagé, parlé, mangé, débattu, joué du pipeau avec nos mains pendant 5 heures sans changer de place.

– Et ?

– Oui ?

– Tu connais Julien Doré ?

– Oui. J’aime bien, pourquoi ?

– Il était là il y a trois jours avec sa fine équipe.

– Excellent ! Sympa ?

– Ouais génial mais je crois que vous les avez battus…

Julien Doré, la Nouvelle Star, Lolita, Louise Bourgoin… Non il faut arrêter de rêver. Il faut essayer de garder le rêve pour la nuit. Ça la fait passer plus vite. Et ça épargne nos journées de toute forme de regrets ou de spleen. Spleen. Baudelaire. Paris. Non, vraiment, il faut quitter ce rêve !

La soirée ne faisait que commencer.

Louis

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C’est l’histoire de ceux qui mettent des claques…

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Tout commence à Potosi un matin ensoleillé comme il y en a l’hiver en Bolivie. Potosi fut une ville extraordinaire. Créée par les Espagnols à la fin du 16ème siècle, ses richesses minières exceptionnelles en ont très rapidement fait une des villes les plus riches et peuplées du monde. Devant Paris, devant Londres, ses orgies, ses églises, ses palais, ses places publiques surpassaient nos vieilles dames. Tout n’était qu’abondance et luxure. Mais derrière la scène et son strass, il y a toujours la peine de ceux qui trépassent. On parle ici de 8 millions d’Indiens, d’indigènes, d’esclaves qui périrent au fond des mines du Cerro Rico (plus grande mine d’argent du monde). Des millions d’hommes et d’enfants qui donnèrent leur vie pour de l’argent. Des hommes et des enfants qui donnent encore leur vie pour de l’argent.

C’est leur histoire. Celle de ceux qui mettent des claques. Des claques dans les murs, des claques dans les gueules, des claques.

Tout commence à 8h30 quand la petite expédition de 10 touristes sur  le chemin des mines, avance lentement mais sûrement vers un monde de claques.

Claque numéro  1.

Entre le centre de la ville, moins jolie que prévu, et l’entrée de la mine, aussi effrayante que prévue, il y a l’étape : « Achetez des cadeaux aux mineurs s’il vous plaît. C’est un signe de respect et de gratitude. ». Avec grand plaisir on achète donc des cadeaux : bâton de dynamite, détonateur, sac de feuilles de coca, 20cl d’alcool à 96° (comprenez « concentration maximale d’alcool possible ; éthanol), un paquet de cigarettes 100% tabac (du foin dans du papier à imprimer ; forme d’un cigare), du jus de fruit concentré et de l’eau, quand même…

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Claque numéro 2.

Le guide nous fait goûter ces produits. La boisson alcoolisée est bel et bien plus forte que du Whitespirit. La dynamite ce n’était pas une blague. La feuille de coca ça anesthésie les sensations buccales. Notre guide mange des feuilles de coca frénétiquement comme une chèvre dévorerait un Chêne après deux jours de disette. Ses yeux sont rouges.

Claque numéro 3.

L’entrée de la mine. Un trou. Des tâches de sang autour. « C’est du sang de lama. Les mineurs font des sacrifices régulièrement pour implorer le Tio (dieu de la mine) d’épargner leurs vies et de leur porter chance. » On ne pensait pas que les portes de l’enfer ressemblait à ça.

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Claque numéro 4.

Oh non, il fait vraiment nuit noire. On baisse la tête. On avance. « T’imagines si ça s’écroule ? ». – Ta gueule. « Orlando (le guide), Orlando, quand est-ce qu’on arrive ? ». – Après. Merde il y a une échelle. Puis, un trou. Puis une échelle dans un trou. C’est quoi ce délire. Panique.

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Claque numéro 5.

Après s’être accroupis, avoir descendu des échelles glissantes, s’être faufilés dans des failles, avoir eu peur, s’être rassurés comme on peut (« Le risque existe. La peur c’est un choix de l’esprit. Tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Des centaines de touristes le font chaque année… »_Voir la parenthèse Mickaël), nous arrivons dans une grotte (la fin d’une galerie donc lieu plus large, air plus respirable, possibilité de contempler le visage poussiéreux et marqué d’autrui). 3 mineurs nous attendent. Ils nous racontent leur vie. Non, on leur demande de nous la raconter. Ils ont 18, 43 et 45 ans. Ils doivent travailler l’équivalent de 8h par jour six jours sur sept. Alors parfois, pour prendre des jours de congé, ils font 24h d’affilée. Leur secret pour tenir ? Mâcher de la feuille de coca à chaque instant. Ils en mangent deux sachets pleins par jour. Triple effet vertueux : ça leur donne des forces, leur enlève littéralement la faim et la boule de feuilles agit comme un filtre entre leurs bronches et l’air poussiéreux.

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La parenthèse Mickaël.

Lundi 10 juin, 8h du matin. Nous sommes déjà en tenue de mineur et attendons patiemment de monter dans le car qui nous emmènera vers l’enfer, vers l’angoisse, vers la mine…Mais avant ça nous devons passer par l’étape du marché afin d’acheter les fameux cadeaux que nous offrirons ensuite aux mineurs.

Là, devant une tienda, apparaît Mickaël, un franco-espagnol de 25 ans. Avec son jean taille basse,  son gros pull bolivien en V qu’il portait sans T-shirt  et son bonnet bolivien, il écoute de manière ultra concentrée notre guide Orlando et imite frénétiquement chacun de ses gestes : comme Orlando, il fume la cigarette sans filtre d’une traite, comme Orlando il enchaîne les shots d’alcool à 96° et comme Orlando il chique des boules entières de Coca de telle sorte que  sa joue formait une boule et que ses dents devenaient vertes.

Après cet arrêt express, nous prîmes le bus direction la Mine. Une fois montés, ce n’est pas notre guide Orlando mais Mickaël lui-même qui se plaça au milieu du bus, leva les bras et lança « Espera, espera por favor, todo el mundo es acá en el bus ? Ya, ok vamos conductor » (Attendez, attendez, tout le monde est là dans le bus? C’est bon, ok, on peut y aller chauffeur).

Il vint alors s’asseoir juste devant nous, se retourna, s’accouda à son siège et nous lança sans gêne : « Alors vous aussi vous êtes français les gars ? Stylééééé, ouai moi j’suis franco-espagnol tu vois.  J’ai fait une business school moi aussi ouai, à Paris. J’ai bossé dans la mode mon pote. Tu vois là ton pull, ben moi je l’achetais en Chine pour pouvoir te le vendre ensuite. Ouai je m’en suis fait du fric mec, en même temps tya vu autant que ça serve à quelque chose de bosser autant quoi ! Putain je bossais comme un malade mon pote, truc de taré,  j’ai fini par dire un gros FUCK à mon boss t’as vu, j’en pouvais plus meccc, de la pression, du boulot ! Je me suis rendu compte que l’argent c’était pas le but dans la vie mon pote. Du coup j’ai tout balancé et là ça fait 7 mois que je voyage mon pote. Le kiff quoi, j’ai fait l’Asie ouai, putin en Inde c’est des animaux mec, franchement tu crèverais par terre ils te marcheraient dessus, faut faire gaffe ! Mais mec j’y ai fumé de ces trucs, des baobabs de skunks mec ! Truc de fou mec, tu vois « la Marijuana es mi mujer » (la Marie Jeanne est ma femme). Sinon j’ai dormi au bord du fleuve Mékong pour 1$ mec ! Moi tu vois j’suis pas en mode comme les gros touristes ricains qui vont se la couler douce sur les îles de Thaïlande ! D’ailleurs j’ai décidé de me reconvertir ta vu, après mon voyage en Amérique Latine je retourne vivre en Inde, je veux faire du bien aux autres tu vois. Je vais aller suivre des formations de yoga et de massage pour pouvoir faire du bien aux autres. Ouai j’avoue c’est bien différent de ce que je faisais avant, mais j’en avais marre mec. Ouai, non, j‘suis pas bouddhiste tu vois mais franchement ya du bon la dedans, ya des trucs à méditer mec !

Après ce long casi-monologue, nous arrivâmes à l’entrée de la mine. Après avoir pris notre courage à deux mains nous entrâmes dans celle-ci, et après quelques minutes, effrayés, Mickaël nous rassura : « Les mecs, le risque existe. La peur c’est un choix de l’esprit. Ya pas à stresser. Ouai c’est sûr d’être mineur, on peut considérer ça comme de l’esclavage mais mec nous-même sommes les esclaves de la vie. On a remplacé l’outil par le travail ».

Claque numéro 6.

Don Gonzalo. 51 ans. 9 enfants. Il travaille seul. Il a l’air épuisé mais a un joli sourire et pas un seul cheveu blanc. Ça fait 39 ans qu’il travaille dans la poussière, sous les parois tâchées d’arsenic, dans l’humidité chaude, la transpiration, les explosions, les drames… Don Gonzalo a de grandes mains musclées. Sa claque fait particulièrement mal.

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Claque numéro 7.

Ce n’est pas fini. On descend encore. On est 50 mètres sous la galerie principale. Les espaces se réduisent. Nous sommes à quatre pattes.

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Claque numéro 8.

Rencontre avec le « Tio ». Le Tio c’est le dieu de la mine, celui qui fait et défait les destins de ceux qui travaillent ici. On lui doit le respect. On lui offre donc des gouttes d’alcool, des cigarettes, des feuilles de coca en l’implorant de préserver nos vies. L’histoire veut que les Espagnols ont installé des statuts de ce « Dio » (dieu en espagnol mais le quechua n’inclue pas la lettre d…) pour obliger les Indiens à se remettre au travail. Parce que ces derniers ont fini par se rebeller contre les pratiques ignobles des  Espagnols. Illustration parfaite de l’exploitation abusive des colons : la Mita. La Mita c’est simple, c’est dur, ça remet pas mal de choses en cause sur la condition humaine. Les Indiens devaient travailler six mois au fond des mines sept jours sur sept sans voir le jour au rythme infernal de 20 heures par jour. 8 millions de morts.

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Claque numéro 9.

Aimery a failli se faire écraser par le petit train de Indiana Jones et le temple maudit que Majencio et Lol’Lo poussent comme des sauvages sur des rails habiles mais dangereux.

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Claque numéro 10.

C’est la fin. Demi-tour. Il faut tout refaire.

En sortant de la mine le soleil resplendissait. Nous nous observions, fiers de notre prouesse, fiers de nos photos : on avait joué aux mineurs.

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Le soir, l’auberge de jeunesse nous proposa une séance film. Le film est un documentaire réalisé en 2005 par  Kief Davidson et Richard Ladkani. El minero del diablo (The Devil’s Miner) est un reportage qui nous propose de suivre deux enfants de 14 et 12 ans. Ils sont pauvres, habitent à l’entrée de la mine, travaillent dans la mine comme des hommes. La mine, la vraie, celle que nous avions « visité » le matin même… La meilleure claque fut donc celle de la fin, la dernière. Celle que nous avons prise confortablement assis dans nos canapés. Celle de l’enfant qui tape contre la roche pour nourrir sa maman et sa sœur, pour aller à l’école. Celle que l’on n’avait pas vu venir. Celle dont on se souviendra longtemps.

Louis

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Pour voir en streaming le film-documentaire « El Minero del Diablo » (The Devil’s Miner) réalisé par  Kief Davidson et Richard Ladkanien 2005 (vidéo en espagnol): http://www.youtube.com/watch?v=OkzFHaggNBo

Pour voir en streaming un autre documentaire, « La Mine du Diable » réalisé par France 5 en 2011 (vidéo en français) : http://www.dailymotion.com/video/xkpa1f_docu-france5-la-mine-du-diable-lun-18-avr-2011_travel

Article de Rue 89 sur ce même documentaire: http://blogs.rue89.com/alma-latina/2011/04/09/la-mine-du-diable-germinal-au-xxie-siecle-en-bolivie-199230

BancoFie, notre Banque

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ONG fondée par des Boliviennes en 1985,  “El Fie” est aujourd’hui la plus grande banque de micro-crédit de Bolivie en nombre de clients.  En arrivant à La Paz, nous nous sommes rendu compte à quel point BancoFie tenait à sa volonté de permettre aux personnes exclues du système financier  d’emprunter afin de pouvoir développer leur activité et ainsi vivre de leur travail. Les agences de la banque sont nombreuses et présentes dans tous les quartiers, même les plus reculés.

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Le lundi 3 juin, nous avons accompagné les « official de credito » pour leurs visites quotidiennes. Ces agents de terrain rencontrent leurs clients à leur domicile ou sur leur lieu de travail, afin de discuter d’un éventuel nouvel emprunt, d’apprendre à connaître le micro entrepreneur et  cerner sa volonté de payer, et souvent malheureusement aussi pour demander au client pourquoi il n’a pas remboursé ses trois dernières mensualités. Ces visites ressemblent souvent à un petit jeu de cache-cache. Lorsque l’adresse n’est pas fausse ou caduque, le client est souvent en retard ou absent, car  beaucoup de ces visites sont « surprise ». C’est donc finalement en discutant avec le voisin, la voisine, la maman ou l’employé que les « official de credito » prennent leurs renseignements, tout en leur proposant à eux aussi un crédit. Et si on a la chance de trouver le client, c’est un tout autre concept du rendez vous bancaire que l’on découvre. Les maisons ne comptent souvent qu’une pièce principale, c’est donc au milieu des enfants et avec un sitcom bolivien en fond plus que sonore que se déroule l’entretien. On évoque alors le projet en jeu, et quelques calculs économiques précèdent une investigation du « patrimoine » (prix et marque de l’électroménager, des pneus de la voiture…) et d’autres conditions nécessaires à l’obtention d’un micro-crédit.

Cette journée passionnante et éprouvante nous a permis de découvrir les hauteurs de La Paz, ainsi que ses quartiers extrêmement pauvres et généralement déconseillés aux touristes. Le plus touchant restera la volonté de ces mamans qui empruntent et se donnent sans relâche afin de pouvoir fabriquer et vendre toujours plus de chouchous et autres barrettes, et permettre ainsi d’acheter l’uniforme indispensable aux enfants pour qu’on les laisse passer la porte de l’école.

Deux  « official de credito »  de chez BancoFie en visite chez des clients :

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Maxence

La Base sur la Paz

Vivre à La Paz c’est forcément différent que de vivre à Lille, New-York, Shanghai, Douala ou même Manizales. C’est pourquoi nous nous sentions obligés de vous décrire notre quotidien dans cette ville où nous avons posé nos valises (ou plutôt notre sac de backpacker) depuis maintenant plus de 2 semaines et pour les deux prochains mois.

Pour votre culture et afin que vous puissiez comprendre notre style de vie et nos habitudes (et aussi pour vous faire rire), commençons par une brève description de La Paz (La Paix en français), capitale de la Bolivie et également  capitale la plus haute au monde, la ville s’étalant de 3200 à 4000m d’altitude. Autant vous dire qu’au bout de 5min de marche nous sommes tous aussi essoufflés qu’après une partie de foot…mais heureusement les taxis coûtent 1€ la course.

Entourée d’une centaine de pics enneigés de plus de 5000 m, la ville, autrefois au fort caractère hispanique, a fait place à un chaos urbain : sans transports en commun la ville est tous les jours bloquée par les incessants bouchons, les camions et leurs nuages de fumée noire agrandissant le trou de la couche d’ozone inlassablement, en toute quiétude, au jour le jour ; sans plan d’urbanisation, les bâtiments se succèdent et ne se ressemblent (absolument) pas ; enfin, élément assez particulier à soulever, la ville a des airs d’immense toile d’araignée où les fils électriques innombrables et vulgairement superposés remplacent le substrat arachnéen  !

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Comme toutes les grandes villes d’Amérique du Sud, la ville est très étendue et parait immense… alors que l’agglomération ne comprend finalement que 2 millions d’habitants…mais chose étonnante : La Paz est la seule ville où les pauvres vivent en hauteur et les riches en bas. Avec l’altitude, plus il y a d’oxygène, mieux on est donc moins on est haut, plus c’est cher !

La ville est séparée en 7 zones urbaines qui, comme les arrondissements de Paris, répartissent la population en différentes catégories sociales…alors forcément se balader dans la zona Sur ou la zona de Sopocachi (où nous vivons, équivalent du 6 ou 7 ème arrondissement à Paris) est forcément très différent de la zone  El Alto au Nord (aucun équivalent en France). Dans cette dernière, les rues sont en terre, les poubelles sont étendues à tout bout de champ, un nombre hallucinant de chiens errent et se battent continuellement, les tiendas se succèdent, les différents odeurs particulières avec, enfin c’est ici que l’on croise les femmes habillées en tenue traditionnelle bolivienne !

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A l’inverse, dans les quartiers Sud, les rues sont pavées et larges, les passants défilent en costume, les 4×4,  restaurants, clubs de gym et centres commerciaux à l’américaine se succèdent, mais restent loin de rivaliser avec les zones commerciales européennes.

Nous vivons la plupart du temps dans 3 zones : nous logeons en face de l’ambassade ultra sécurisée des Etats-Unis à Sopocachi, le quartier d’expat’ décrit ci-dessus, nous passons nos journées dans El Prado, le quartier historique le plus vivant de la ville et nous travaillons à San Pedro, quartier plus pauvre où sont présents tous les marchés artisanaux boliviens qui valent le détour pour tous les amateurs de pulls extravagants en « baby alpaca » (« du vrai, du pur »!) !

La Rue Sagarnaga, lieu d’exposition de la richesse artisanale bolivienne

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Fête locale et défilé dans la Rue Sagarnaga

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Exemple d’une tienda de la Rue Sagarnaga DSCN3179

Exemple d’une tienda du « Mercado de las brujas » (marché des sorcières): ici herbes, pierres magiques, potions mystérieuses et foetus de lamas sont vendus pour soigner les maux les plus divers.

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Centre ville de La Paz

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Rues du centre historique colonial

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Ce qui est sûr c’est que dans n’importe quel quartier de la ville nous pouvons assister à des scènes identiques : un nombre hallucinant de couples se bécotent à chaque coin de rue, l’explication venant du fait qu’en plus d’être démonstratifs, les jeunes vivent chez leurs parents jusqu’à la date de leur mariage et qu’ils n’ont nulle part où aller pour s’embrasser, il y a des cireurs de chaussures cagoulés un peu partout, des kiosques et tiendas vendant tout et n’importe quoi, des conducteurs de colectivos (sorte de minibus) qui gueulent leur destination la tête hors de la fenêtre ou encore et toujours ces fils électriques qui relient les bâtiments.

La Bolivie étant le pays le plus pauvre d’Amérique Latine, le coût de la vie est comme vous pouvez le deviner à mille lieues de celui de la France…en voici un petit aperçu (rmq : 10 Bolivianos=1€):

– Course en Taxi = 1€

– Course en Colectivos (sorte de minibus) = 15 cts

– 1 nuit en auberge de jeunesse = 4€ par personne

– Resto normal = 3€-5€ le menu

– Resto très classe = 20€ avec vin, et big menu

– 1 menu King Double Whopper au Burger King (La Bolivie étant le seul pays au monde où il n’y a pas de McDo) = 4,2€

– 1 bouteille de bière de 33cl dans un bar/resto = 80 cts

– 1 bouteille de Havana 3 ans d’âge d’1 litre en supermarché = 7€

– 1 bouteille d’eau de 2,5l (l’eau n’étant pas potable) = 5cts

– 1h en cybercafé (les Boliviens n’ayant pas Internet chez eux) = 25cts

– 1kg de vêtements à laver et sécher au pressing = 1€ (4 cts pour faire repasser une chemise)

– 1 place de ciné = 3-4€

– 1 voyage en bus de 13h avec lit = 8€

– 1 carte de membre au Tennis Club de Sucre (le Roland Garros de La Paz) = 35€

Avec tout ça vous comprendrez que nous ne vivons pas exactement de la même manière qu’en France ou même qu’à Manizales… forcément  nos habitudes changent : nous jouons au tennis 2 à 3 fois par semaines (juste avant le travail entre 7 et 8h, si si !), allons au resto assez souvent et évitons les plats boliviens qui nous ont trop souvent laissés de mauvaises surprises, buvons des matés de Coca (la feuille, pas la drogue) à longueur de journée afin de lutter contre le mal d’altitude, nous nous faisons cirer les chaussures pour 50 cts par des cireurs dans la rue, prenons le taxi presque systématiquement, flânons dans les quartiers historiques et populaires de la ville et profitons de notre appart et de notre TV câblée où nous pouvons regarder Roland Garros (le luxe !)…

La vue depuis notre charmant appart’

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Après expérience, nous avons compris les habitudes de la vie locale : compter le nombre d’articles que l’on laisse à la laverie pour ne pas se retrouver à la fin avec la moitié de ce qu’on avait laissé à la base, demander et négocier le prix de la course de taxi avant d’y monter, ne pas manger de trucha  (=truite), ne pas compter sur la spontanéité des Boliviens, répéter à 3 reprises la commande au resto, ne pas compter sur les commerçants pour avoir du change, ne pas demander sa direction aux habitants de la ville (ceux-ci ne connaissant absolument pas le nom des rues, ni leur gauche, ni leur droite), ne pas croire que tous les vêtements en vente sont en laine d’ alpaga, ne pas compter sur la Boulangerie pour être ouverte le matin avant 9h, ne pas goûter el vino de la casa dans les restos, ne pas compter sur l’eau chaude dans les auberges, ne pas oublier son sac de couchage dans les bus de nuit, etc.

Voici à présent les bases de la Paz posées !

Aimery

Deux semaines au Pérou…

Le 13 mai nous sommes partis de Manizales pour nous rendre à Lima. 1903km de distance soit Paris-Riga. Un jeu d’enfant ? Pas tout à fait. Une tentative avortée de justesse de toucher rectal, l’obligation d’acheter un billet retour  pour la France en dernière minute, 9 heures de retard, 2 heures de discussion avec Pierre-Albert dans un bistrot chic de l’aéroport flambant-neuf de Bogota, un tampon de bienvenue moche à l’aéroport de Lima et 1 heure de taxi à travers les rues hideuses de Lima. Voici une très brève description de ce qui séparait Manizales de Miraflores (quartier  des expatriés de Lima) ce lundi 13 mai 2013. Trop brève d’ailleurs si l’on considère que Pierre-Albert, 58 ans, manutentionnaire dans l’usine Lindt (« tu sais là, les chocolats qui gagnent du fric tous les ans alors qu’c’est la crise ! ») de Pau ne vous a pas été décrit à sa juste valeur et qu’il mérite sa parenthèse. Voir La parenthèse Pierre-Albert.

La parenthèse Pierre-Albert.

Il est 15h35. Nous sommes en transit dans  l’aéroport de Bogotá  Nous voyons enfin le bout de cette journée en enfer. On décide de déjeuner dans un restaurant au design sympa. C’est rare. On entre. « Vous êtes français ? ». – Oui. « V’nez là, j’vous paye un coup ». Pierre-Albert vient de faire son apparition dans nos vies. Il est passablement saoul, nous offre deux bières puis commence à parler.

« Alors zen avez bouffé combien des p’tites ici ? Ici, pour pas toucher, faut être un saint. Moi j’ai ma femme qu’est  d’Barranquilla. La France elle pouvait pas alors elle s’est installée là-bas avec nos filles. Elle a un restau mais quand j’vais là-bas j’suis le roi. On a des appart’s, la maison dans le barrio estrato 6, les filles à l’école privée. Non on vit bien hein. Mais alors quand j’viens c’quelles aiment c’est le fromage. Pas du luxe. Juste du kiri, du gruyère, vache kiri. Ah ça elles aiment. Franch’ment bouffent mal ces Colombiens. Et le vin ? J’le ramène par cubis de France. Une valise entière. 36 litres. Faut dire qu’sans mon litre par jour, j’vis plus moi…

Et tiens regarde la p’tite là… 

– ¿ Hola tienes una tia ? Porque estás demasiado joven para mi… Pero muy linda. ¿ Te gusta los franceses aquí hein ?  (Salut t’as pas une tante toi ? Parce que t’es trop jeune pour moi. Mais t’es belle. Et  ils te plaisent les français hein ?).

Et les gars elle est belle celle-là ! Vous voulez pas la croquer ? Putain ici ils ont un soucis. C’est les nobios (petits copains). Ma fille elle va pas s’marrier avec lui c’est sûr mais j’dois quand même l’accepter son p’tit. Non j’suis pas méchant mais samedi dernier, on est allé manger une glace ensemble. J’en avais pris une belle. J’me souviens d’rien. Juste que ma femme et ma fille avaient honte… »

Pierre-Albert portait une calvitie alliée à une queue de cheval et un marcel bleu détendu, un short Puma, des p’tites baskets Nike old-fashioned et un sac de toile déchiré. « C’qu’est bien ici c’est qu’tas jamais froid au moins » ! Il doit y aller, son avion va partir. « Et d’façon encore une p’tite (ndlr. Bouteille) dans l’avion et c’est bon j’me réveillerais à Paris…Les cons peuvent même pas mf’aire descendre à Bordeaux pour 1300 euros l’billet »…

Nous avons donc rejoint Maxence et Erika à Miraflores vers 23h. Erika est arrivée quelques heures plus tôt, sans retard, elle. Et Maxence y vivait des jours paisibles depuis une semaine en compagnie de deux amis en échange universitaire dans la capitale. Ces derniers lui ont permis de découvrir les petits coins de paradis que cache Lima. On pense notamment  à Amor A Mar, restaurant d’exception parmi tant d’autres à Lima, ou encore aux  petites rues typiques du quartier de Barranco.

Plazas de Armas, quartier historique de Lima

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Parce qu’autant vous le dire tout de suite, nous n’avons passé à Lima que les 36 heures que l’on nous avait conseillé de passer.  Mais nous avons réussi à les optimiser à l’aide de notre ami et guide Edouard.  Des quartiers immenses faits d’ordure et de pauvreté, un beau centre historique où après un très appréciable restaurant chez des bonnes sœurs françaises et une visite intéressante du couvent Saint-François, nous avons eu le plaisir de voir une femme baisser son semblant de pantalon pour honorer le trottoir sous le concert infernal des klaxons aux tonalités singulières des taxis. Nous avons ensuite découvert Miraflores,  quartier qui rassemble les occidentaux, les richesses, les cours de tennis, les restaurants, les policiers et le Malecón (parc verdoyant bordant l’océan où les étudiants étrangers, les expat’s et les Péruviens privilégiés font leur running&shopping en toute quiétude…).

Telle est la triste et inégale réalité de Lima, caractéristique malheureuse des grandes villes d’Amérique du Sud.

Vue du malecón, quartier de Miraflores, Lima

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Nous avons finalement fui le bruit et le malaise de  cette ville folle, dans un bus de nuit très confortable de la très agréable et professionnelle compagnie Soyuz. Trois heures de trajet seulement mais quel premier enseignement sur le Pérou ! Les quartiers pauvres de Lima ne sont malheureusement pas les seuls lieux du Pérou à être si pauvres et si sales. Tout au long du voyage se dessinaient dans la nuit les toitures non finies des maisons de villages déserts que seuls les chiens errants et les sacs plastiques volants semblaient habiter. Quelle tristesse ! Nous sommes alors arrivés à Ica, pas beaucoup mieux en terme d’architecture.  Du terminal de bus, nous avons pris un taxi direction la lagune de Huacachina. Oasis en plein désert à 25 minutes seulement en voiture d’Ica, cette petite ville à touristes abrite des restaurants, des hôtels et des boutiques-souvenirs. Il n’y avait donc pas grand-chose à faire à part des heures de repos au bord de la piscine de notre hostel en dégustant l’exquis mélange oublié vin rouge-camembert-saucisson importé de France par Maxence et Erika et deux heures hallucinantes de Buggy et de sandboard au milieu des dunes. Pour information, le désert fait tout de même 200km de long sur 40km de large.

Vue depuis le désert sur la Lagune de Huacachina

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Un tour de buggy musclé en pleine désert, même sensation que Space Mountain !

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D’Ica nous sommes ensuite partis de nuit pour Arequipa. Arequipa fut notre première belle ville. Une belle ville au Pérou remplit ces critères-ci : seul le centre est beau, la « Plaza de Armas » est superbe, les bâtiments et musées à voir sont des édifices religieux de l’époque coloniale, les restaurants sont bons et pas chers et il y a toujours un bar où les Pisco Sour (Whisky péruvien, blanc d’œuf, et citron) sont délicieux. Nous avons donc visité la ville, son couvent  sublime et gigantesque, ses églises rococo-baroque et ses bons restaurants.

Plazas de Armas d’Arequipa

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Pour le dîner, Maxence nous conseille de goûter le Ceviche (plat à base de poisson frais coupé en fine tranche et assaisonné au citron). C’est bon mais on ne s’attarde pas car dans 4 heures on part pour le Canyon de Colca. Lien de cause à Ceviche ou autre, je ne ferai pas parti de l’expédition en raison d’une tourista toute puissante qui me clouera au lit le temps pour mes amis de découvrir le canyon de Colca, faille grandiose à quelques heures de minibus d’Arequipa. Partis à 2h30 du matin en minibus, Erika, Maxence et Aimery ont donc eu la chance de marcher sur les routes sinueuses et épuisantes du canyon, celui-ci étant, s’il-vous-plait, deux fois plus profond que le Canyon du Colorado !

Vue depuis le haut du Canyon de Colca où l’on peu admirer les 3400m de profondeur

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1er jour de randonnée: 7h de descente sur un chemin raide et à peine assez large pour pouvoir se croiser… Gare au vertige !

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2ème jour: départ dans le noir à 5h du matin pour 3-4h de randonnée sur une montée vertigineuse
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Condors, paysages désertiques, nuit dans un refuge  sans électricité ni eau courante, thermales naturels au creux du canyon, remontée dans la nuit du petit matin, pluie et fatigue ont composé leur incroyable aventure qu’ils furent heureux de clore sous la douche chaude (c’est assez rare pour être souligné !) de notre très agréable petite auberge de jeunesse. Après une courte mais nécessaire nuit de sommeil, nous prîmes le bus pour nous rendre à Cuzco. On nous avait conseillé de voyager de jour pour pleinement profiter des paysages somptueux qui agrémentent les dix heures de voyage. Et c’est vrai que du premier rang de l’étage de notre bus nous avons vu défiler 10 heures de film où les paysages variés ressemblaient à un habile mélange entre Into the wild et un Thalassa sur la Patagonie au Printemps ! Pendant dix heures nous avons eu l’impression d’être au cinéma ! Mais c’était plus le cinéma de plein air de Beyrouth que le grand Rex, car le voyage fut émaillé des odeurs pestilentielles des « truchas frites » et  des vomis séchés , des heures de blabla des vendeurs de logiciels d’apprentissage des langues et surtout des coups de volants suspects du conducteur complètement azimuté…

Nous avons finalement atterri à Cuzco (« nombril du monde » selon les Incas) et plus particulièrement dans le quartier roots de San Blas, à quelques minutes à pieds du cœur de la ville.

Vue panoramique de la « Plazas de Armas » de Cuzco

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Les ruelles pavées de Cuzco de nuit
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Sur les hauteurs de la ville…

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Nous avons posé nos encombrants bagages dans un hôtel très confortable où nous sommes restés cinq jours. Le temps de se reposer, de visiter la ville, sa cathédrale, son musée des civilisations, la citadelle-sanctuaire (les experts ne parviennent pas à se mettre d’accord) de Sacsayhuaman et bien sûr la vallée sacrée (Moray, grenier expérimental Incas, prouesse technique fabuleuse. Les ruines extraordinaires et le marché artisanal de Pisac. Les salinas de Maras, le Guérande des Incas, au milieu des montagnes, magnifique. Et Ollantaytambo, forteresse imprenable sur la route du Machu Picchu.

La citadelle-sanctuaire de Sacsayhuaman

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Chinchero et son marché où nous avons observé des Péruviennes tisser

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La vue panoramique sur la Vallée Sacrée depuis le village de Chinchero

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Vallée Sacrée – Terrasses Incas en amphithéâtre de Moray

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Vallée Sacrée – Ruines de Pisac

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Vallée Sacrée – Marché artisanal de Pisac

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Vallée Sacrée – Salinas de Maras

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Vallée Sacrée – Forteresse d’Ollantaytambo

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C’est après les deux jours de visite des sites de la Vallée Sacrée que nous finîmes par visiter une des raisons pour laquelle nous étions en Amérique Latine: Le Machu Picchu, une des Sept merveilles du monde dont il faut arpenter les vestiges mais qu’il faut aussi voir de haut. Deux options s’offraient à nous : le Wayna Picchu ou le Cerro Picchu (la Montana). Tout le monde nous avait conseillé la première option mais il n’y avait plus de place. Nous avons donc fait l’ascension du Montana Picchu et ce fut une expérience extraordinaire (prononcez à la Mimmi : « c’est EX-tror-DInér » !). Arrivés au sommet en premiers, nous avons eu 20 minutes pour prendre des photos « National Geographic » sous le ciel bleu azur de Nîmes et la forêt verdoyante de Compiègne ! On vous passe les détails, c’est « à couper le souffle, inimaginable, encore plus beau que dans les reportages, complètement dingue… » et il faut que vous alliez le voir !

Départ à 7h du mat en bas du Cerro Picchu, arrivée les premiers au sommet (3082m) à 7h50

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La vue sur le Machu Picchu depuis le sommet du Cerro Picchu (la Montana)

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Le site du Machu Picchu P1020254

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Après les thermales sales mais agréables d’Aguas calientes, nous avons pris la route vers Cuzco et sommes repartis le lendemain direction Puno. Un voyage à travers les paysages incroyables de l’Altiplano, dont nous nous souviendrons encore pendant longtemps:

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Puno c’est une cité dortoir sur le lac Titicaca côté péruvien. On y a donc dormi. Le lendemain matin, émerveillement dans le bus longeant le lac direction Copacabana (Lac Titicaca, Bolivie), ses sommets enneigés qui culminent à plus de 6000m d’altitude, son soleil d’or, ses îles vertes. On arrive à Copacabana. On est loin du Brésil et des plages de sable blanc mais l’ambiance y est bonne et l’auberge à quatre euros la nuit. Mais cette ville a son trésor : un calvaire perché sur la montagne qui surplombe la ville avant de tomber sur le lac. L’un des plus beaux couchers de soleil de notre vie. L’immensité du lac, ses eaux d’un calme suspect, ses rives où prolifèrent la flore, ses monts enneigés sur lesquels le soleil semble rebondir à l’infini… La nature est belle au Pérou et en Bolivie, les paysages fabuleux : Maxence prend ses cent vingtième et cent vingt-et-unième panoramas avec son iPhone !

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Le lendemain matin nous prenons le bateau à moteur le plus lent du monde. Nous allons découvrir l’Isla del Sol. Dernière merveille de notre voyage. Pas la moindre. Imaginez une île au milieu d’un lac où les hauteurs ressembleraient au décor italien des westerns de Sergio Leone, où les habitants vivraient de la pêche, habiteraient des petites maisons simples et auraient toujours le sourire, où les eaux turquoises et le sable blanc borderaient ses flancs et où l’on mangerait des truites en contemplant monts et merveilles. Vous pouvez désormais imaginer quel fut notre bonheur à marcher sur cette île le temps d’une journée, de la dernière journée…

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Nous pensions terminer ce road trip en beauté…c’était sans compter l’ultime épreuve : le trajet en « bus » entre Copacabana et La Paz (dixit Erika « le pire voyage de ma vie ») : après 1h de trajet mouvementé c’est à notre grande incompréhension que la majorité des passagers sont descendus du bus. Et c’est ensuite avec surprise que nous avons observé notre moyen de transport traverser le lac sur une sorte de grand radeau à moteur, nous obligeant nous-même à emprunter une fragile et timide barque pour traverser également le lac…

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Finalement, nous arrivions à La Paz le 28 mai comme prévu…